pagus picton – 1ère partie

avril 12, 2007 at 12:28 (Généralités)

Au siècle dernier, le département de la Vienne, qui avec les Deux-Sèvres, une partie de la Charente et de la Vendée, constituait le Pagus Picton, comptait environ 150 dolmens et une dizaine de menhirs dont les 2/3 ont été detruits, notamment le champ de dolmens de Thorus près de Chateau Larcher.
La répartition des objets datables des débuts de l’Age du bronze suggère des influences venues par la mer ou les fleuves.
Du Bronze moyen date le très beau cône d’Avanton (conservé au Musée de Saint germain en Laye), colonne cultuelle consistant en une feuille d’or de 55 cm de haut décorée au repoussé (http://www.avanton.fr/notrevillage/histo.html )
Au Bronze terminal se rattache la cachette de fondeur de Notre Dame d’Or (grande diversité d’objets).
Avec l’Age du Fer : épées trouvées à Germond, fond de cabane de Jaunay Clan, sépultures à char de Gros guignon, près de Civray, et de Quinçay.

En 1937, à 2 kms de Poitiers, a été mise à jour une sépulture féminine dans une carrière de sable. Elle a livré un collier orné de neuf crotales et une ceinture terminée par un sphéroïde ajouré dont l’appartenance au groupe franc-comtois des Moidons est indiscutable (premier Age du Fer dans le Massif du Jura).
A Antran, en bordure de Vienne, au Bronze final, des enclos circulaires et quadrangulaires servent à la fois de lieux de cérémonie et de réceptacles aux cendres des morts.
Le gisement de la Croix Verte à Antran a livré un ensemble important de structures funéraires et cultuelles (enclos, fosse, fanum), allant du Néolithique à l’époque romaine. Parmi les nombreux vestiges, un bâtiment de bois gigantesque (50 m. de long sur 15 de large) qui avait probablement un rôle réligieux.
Le passage au Second Age de Fer se fait doucement, dans une phase transitoire marquée par les fossés à incinération de Civaux avec fibules et agrafe à palmette. Les sépultures de Mazerolles avec leurs grandes épées en fer sont un peu plus tardives. Seule la cachette du bronzier de Maillé nous renseigne sur l’outillage et les parures de l’époque.
Au 1er Age de Fer, on rencontre des tombes plates à inhumation (Roches Prémaries, St Georges les Baillargeaux). Les tumulus de Valdivienne et d’Aslonnes comme les aristocratiques tombes à char sont contemporains.

A l’arrivée des Celtes, les « limites » du pagus se fixent et le toponyme d’Ingrandes (Equoranda) est connu comme lié à une frontière: en limite avec les Andécaves (Ingrandes de Couziers), les Turons (Ingrandes du Poitou), les Bituriges (Ingrandes, près du Blanc), les Lémovices (ruisseau des Equilandes, près de Bourg Archambault). Au sud, la forêt d’argenson sépare Pictons et Santons avec un nouveau toponyme d’Ingrandes, au sud de Niort: la rivière de la Guirande. A l’ouest se trouve une autre frontière avec un dernier Ingrande sur la commune de la Réorthe (Vendée).

Pas davantage que pour l’Age du Bronze, nous ne connaissons l’identité des divinités honorées pendant les Ages du fer. Les rares noms qui nous sont parvenus, comme Damona ou Robur, le sont par des inscriptions d’époque gallo-romaine. Mais on ne voit pas pourquoi elles, et bien d’autres divinités panceltiques ou locales n’auraient pas déja fait l’objet de culte avant la conquête.
Certaines nécropoles sanctuaires possèdent des structures dont le caractère religieux parait peu discutable, comme les puits à poteaux de bois de Ribérolles à Rivières, mis en place à partir du Ve siècle av.JC. Des édicules de bois destinés au culte funéraire ont aussi pu se trouver érigés à l’intérieur de certains enclos comme dans un carré à Civaux. Et l’implantation près de lieux humides -sources, marécages (Antran) ou rivière (Ribérolles)- de certaines d’entre elles doit probablement être en rapport avec le culte des eaux et sa dimension, eschatologique comme agraire.

A Partir du IIIe siècle, s’implantent des sanctuaires dont les dépôts d’offrandes sont constitués pour l’essentiel de restes d’animaux sacrifiés, en particulier des chevaux, aisni que des hommes (têtes sacrifiées ? têtes trophées ? reliques héros/ancêtres ?) mais surtout d’armes mutilées: Faye l’Abesse (Deux Sèvres), Naintré (Vienne), Muron (Charente Maritime), Nalliers (Vendée).

Suivant une tradition remontant à l’Age de Bronze, les grottes ont aussi pu servir de lieux de culte. Le casque de celle des Perrats à Agris (Charente) semble bien être un dépôt à caractère sacré, peut être celui de fondation d’un sanctuaire fréquenté jusque pendant le Haut Empire romain.

casque-agris.jpg

Advertisements

Un commentaire

  1. Merytsekhemty said,

    Complément d’informations sur la zone vendéenne :

    Les Pictons, qui habitaient la Vendée pendant la période gauloise, étaient divisés en trois tribus alliées:
    – les Ambiliates, qui occupaient le Nord, depuis les Herbiers jusqu’à la Sèvre-Nantaise
    – les Agnanutes, dont les possessions situées au centre, se prolongeaient jusqu’à la limite des cantons de Chantonnay et de Sainte-Hermine, vers Pareds
    – enfin les Agésinates Cambalectri, qui tenaient les bords de la mer et s’avançaient jusqu’à une certaine distance dans les terres.

    Une statuette d’Epona en calcaire a notament été retrouvée (pas de date) sur le site de la commune de L’Orbrie dans le Sud Vendée (canton de Fontenay le comte).

    Dans le même département, à la commune le Langon, une statue en calcaire de Diane (restes pas complète) et à la commune du Bernard une vénus en terre blanche.

    Quatre temples gallo-romain ont été retrouvés. Dans trois cas il s’agit de fana ou sanctuaires ruraux de plans centré, très communs en Gaule, avec cella et galerie périphérique de déambulation.
    – le fanum de Pouzauges (15mx20m)
    – A St Gervais, sur le site de « la motte aux huguennots », une cella ronde diamètre extérieur de 5 m, épaisseur des muts de 0,90 m
    – le temple de Chaix situé sur une hauteur dominait autrefois la vallée de la rivière la Vendée et le golfe, cella rectangulaire sans galerie et déambulatoire
    – à Nalliers une photo aérienne a fait apparaître un plan de sanctuaire comparable à celui de Mars Mullo à Allonnes (Sarthes) avec notamment un portique polygonal ….

    Pour le culte on note un culte de déesses mères et de vénus anadyomènes, notamment sur la commune du Bernard où l’abbé Baudry a trouvé au fond d’un puits (n°20) une statuette d’une femme assise tenant un enfant en bois, c’est également de cette commune que provient une vénus à graine.

    -> une diane chasseresse à Langon, ainsi qu’un mercure et un hercule, une Minerve en bronze
    -> un Vulcain à Olonne sur Mer

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :