pagus picton – 3ème partie

avril 12, 2007 at 8:56 (Généralités)

Concernant plus particulièrement Poitiers (Lemonum-la Ville de l’Ormeau), il serait bien étonnant que certaines découvertes de haches en pierre polie en divers points du promontoire ne remontent pas à la préhistoire, comme cet ensemble de haches en silex, en amphibolite et en ophite trouvées en 1828 dans une citerne de la Rue Neuve, actuelle rue Borbeau, ou les haches ramassées en 1851-1852 dans la rue de l’Industrie, actuelle rue Edouard Grimaux. Le dolmen de la Pierre Levée à quelques centaines de mètres de la vallée du Clain à l’Est s’inscrit sans doute dans un ensemble de sépultures mégalithiques échelonnées le long de la rive droite de cette rivière, mais on ne peut s’empêcher de la mettre en relation avec une probable communauté du Néolithique ou du Chalcolithique installée sur le tout proche promontoire qui deviendra Lemonum.
Imaginons, à la période gauloise, un ensemble de maisons construites en bois, terre, pierres sèches, chaume, disséminées sur le promontoire, de manière peut être plus dense au sommet, reliées entre elles par des chemins de terre, séparées par quelques terrains vagues faisant office de places, «sur lesquelles ouvraient sans doute, à peine distincts des cabanes vulgaires, quelques rustiques sanctuaires».
Pour ce qui est du siège de Limonum, en -51, par le chef Andécave, Dumnacos, rassemblant ses guerriers et les Pictons anti-romains contre Duratios (http://www.arbre-celtique.com/encyclopedie/fiche-2820.htm) qu’imaginer sinon que les combats durent avoir lieu dans les faubourgs de la Tranchée, et dans le fonds des vallées, le long de la Boivre et du Clain, à proximité des principaux gués ou des ponts en bois qui en permettaient le franchissement.
A l’époque gallo romaine, autour d’un centre monumental constitué par un forum aux multiples fonctions regroupant les principaux édifices civiques et économiques, s’organise un réseau plus ou moins régulier de rues déterminant des ilots d’habitation. En dehors du Forum, on rencontrait ça et là des thermes -un établissement par quartier- et des monuments de spectacles en général groupés, théâtre et amphi théâtre. Les temples quant à eux, n’obeïssaient à aucune logique connue, et perpétuaient le plus souvent une topographie sacrée antérieure à la conquête, sauf pour les sanctuaires officiels du culte romain situés près du forum. Dès que l’on quittait la zone habitée, commençaient les nécropole de part et d’autre des voies romaines reliant la ville aux chefs-lieux des différentes cités voisines.

A Limonum comme partout, il semble que ce soit Mercure le « principal » dieu du panthéon gallo-romain, succédant à quelque divinité celtique primordiale. Le surnom d’Adsmerius est en fait la latinisation d’un mot gaulois signifiant quelque chose comme « le Pourvoyeur », formé sur une racine qu’on retrouve dans la parèdre de Mercure/Lug, Rosmerta, à qui était peut être dédié le second temple de la Roche, et suffisant à le distinguer du dieu romain classique.
On trouve aussi des dédicaces à Mercure aux Trois Piliers (rue Carnot), et route de Nouaillé (sud est de Poitiers), une très belle stèle de calcaire rue Monseigneur Augouard, une tête gigantesque rue des grandes Ecoles et des statuettes debronze, plus humbles, rue Mgr Augouard, Sainte Opportune, et au cimetière des Dunes.
Autre culte important, celui des « déesses-mères » dont la popularité en Gaule est issue d’un lointain passé pré-celtique. On en compte une dizaine d’exemplaires de facture variée dans les terrains de Sainte Croix (en bas de la rue Jean Jaurès) à l’ancien collège Saint Stanislas (en haut de la même rue), rues de l’Ancienne Comédie, Saint Louis, Paul Bert, Edouard Grimaux et Jacques de Grailly. Généralement solitaires, une fois groupées par 2 (rue Edouard Grimaux), elles sont souvent assises et portent vase à libations, corne d’abondance, corbeille de fruits ou enfant.(http://www.alienor.org/Articles/divinites/coupleb.htm)
Egalement typique à Poitiers, la dévotion à Minerve (elle passe pour être la divinité protectrice de la ville), attestée par quelques documents majeurs dont l’exceptionnelle statue de marbre ( http://www.alienor.org/ARTICLES/divinites/minerve.htm) trouvée dans le domus de la rue Paul Bert, et un bas relief trouvé à l’Echevinage (aujourd’hui rue Paul Guillon) et deux dédicaces de la rue des Carmes et de la rue des Carolus (celle ci attestant l’existence d’un portique consacré à Minerve).

minerve1.jpg

En dehors de ces principaux cultes, il y a celui d’Epona, pourtant rare en Aquitaine, représentée ici par des figurines de terre cuite mais aussi et surtout par une statuette de calcaire trouvée rue Mgr Augouard.

Celui d’Apollon, attesté par un bas relief anépigraphe du dieu à la lyre trouvé à l’angle de la Grand’Rue et de la rue des Feuillants; et par l’inscription de la base de l’Union Chrétienne où le dieu est qualifié de Matuix.

Celui de Cybèle rappelé par un autel à tête de taureau recueilli rue Edouard Grimaux .

Il y a encore un petit Hercule en bronze à saint Hilaire, un Jupiter-Taranis à la roue en terre blanche rue Henri Oudin, un petit Télesphore phallique en bronze au cimetière des Dunes…

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