divinités gallo-romaines – 2ème partie

avril 15, 2007 at 10:36 (divinités)

Les dieux indigènes

Bien que dès le Ier siècle avant notre ère, les Gaulois étaient capables de représenter un visage, leurs statues ont souvent été de simples morceaux de bois ou de pierre mal taillés, car les druides interdisaient de représenter les dieux sous des traits humains ; ce qui explique la rareté de figurations humaines avant la conquête.
Malgré la présence sur les monuments publics des dieux importés du panthéon gréco-romain, les dieux gaulois semblent n’avoir rien perdu de leur riche personnalité. En effet, certaines divinités indigènes subsistent conservant leur identité face à la culture romaine.

Divinité accroupie

Cette statuette, trouvée dans le sanctuaire du Gué-de-Sciaux (Antigny, Vienne), représente une divinité accroupie, vêtue d’une tunique ne dissimulant que la moitié du corps. Les côtés sont formés en ronde-bosse par les bras. De la main droite, elle tient un fruit ; sur l’avant-bras gauche, se trouve une patère ou une corbeille de fruits avec des figues. La tête d’un serpent enroulé pénètre dans la corbeille et se nourrit d’un fruit.
Cette divinité peu répandue en Gaule, rejoint un certain nombre de représentations sculptées mises au jour dans le Centre et le Centre -Est des Gaules. Elle est assimilée à Hygie, fille d’Esculape (dieu de la Médecine), est la déesse de la Santé.

Déesses-Mères

coupleb.jpgLe culte d’une divinité maternelle remonte en Gaule à la Préhistoire.
Les déesses-mères sont souvent représentées en groupe de trois ou de deux, assises l’une à côté de l’autre, parfois seule. Elles sont vêtues d’une tunique ou d’un drapé, et portent une coiffure couronnant sa tête. Elles tiennent dans leurs bras ou sur leurs genoux une corbeille de fruits ou une corne d’abondance, et parfois même un nourrisson.
Le culte de ces déesses, symboles de fécondité, se développe fréquemment dans le cadre restreint de la famille. C’est d’elles qu’on attendait richesse et prospérité. C’est pourquoi leur culte est surtout domestique. Chaque village avait en effet ses propres divinités de la fertilité, qui n’agissaient que sur son territoire.

Epona

La déesse est représentée chevauchant en amazone sur un cheval à l’allure celtique, les oreilles dressées, marchant vers la droite, la patte avant droite levée. Elle est vêtue d’une longue tunique plissée. Un bandeau torsadé lui couronne la tête. Parfois elle tient une patère ou une corne d’abondance. Les contraintes d’une représentation de face de la déesse lui donne une attitude assez hiératique.
La déesse Epona, protectrice des chevaux et des écuries, des cavaliers et même des voyageurs, est vénérée dans l’ensemble du monde celtique, surtout par les soldats. C’est la seule divinité gauloise à qui les Romains avaient consacré une fête. Epona est associé à l’eau, à la fertilité, à la mort (le cheval incarnant la monture des morts), autant d’attributs qui la rattachent à la Déesse Mère.
La découverte de la statuette en bronze de la déesse Epona, sur le vicus gallo-romain de Vieux-Poitiers (Naintré, Vienne), est particulièrement intéressante, il s’agirait de la seule représentation en bronze dans tout le Centre Ouest. En effet, on en connaît de multiples représentations en pierre ou en terre cuite dans notre région, notamment à Saintes et à Poitiers.

Les cultes animaliers , persistance des croyances gauloises :

Le taureau tricornu

Découverte dans le sanctuaire du Gué-de-Sciaux (Antigny, Vienne), la partie antérieure de cette statuette de taureau est traitée en ronde-bosse. Sur la tête, trois cavités devaient recevoir une corne ; une au-dessus de chaque oreille et une troisième sur le sommet.
La corne symbolise la force, la violence de l’animal. Ce taureau tricornu imposait le respect de sa puissance.
Le taureau, considéré comme l’animal sacrificiel par excellence, bénéficie d’une riche iconographie. Ses représentations en pierre sont peu nombreuses en Gaule, à la différence des statuettes de bronze. Ce culte gaulois n’est pas un phénomène isolé ; il est le prolongement d’une conception religieuse enracinée dans tout l’Orient méditerranéen.

Le sanglier

Il s’agit de la partie principale d’une statuette en ronde-bosse, provenant du sanctuaire du Gué-de-Sciaux (Antigny, Vienne), dont il manque le socle, les pattes et l’extrémité de la tête. Celle-ci dans le prolongement du corps marque la rigidité de l’animal, accentuée par la rectitude de l’échine. Les soies sont représentées par un motif stéréotypé en forme de crosse. Le corps est couvert d’un motif en forme de bandes parallèles.
Il faut voir dans cet animal, vigoureux et redoutable dans sa fureur, un symbole de la rage militaire. En effet, il figure souvent sur les insignes de l’armée. La représentation de cet animal est fréquente en Gaule ; mais plus rares sont celles en ronde-bosse.

(COPYRIGHT CONSEIL DES MUSEES DE POITOU-CHARENTES
rédigé par Delphine Daviaud)

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