petite histoire des gens de la terre – 1ère partie

avril 20, 2007 at 2:35 (histoire)

     L’homme préhistorique a laissé beaucoup de traces en Poitou Charentes, notamment dans de nombreuses grottes ornées: la frise du Roc à Sers (16) est le plus important ensemble sculpté du Solutréen. Celle du Roc aux Sorciers à Angles sur l’Anglin (86) est un chef d’oeuvre de la sculpture magdalénienne sans équivalent du point de vue de la qualité artistique et par l’ampleur de l’oeuvre. Les peintures gravetiennes de la Grotte de Vilhonneur (16) sont plus anciennes que Lascaux et les gravures de La Marche à Lussac les Chateaux (86) représentent l’humain avec un réalisme inconnu par ailleurs (cf « Symboles pictons »).  Dans cet art magdalénien de la région, le thème de la procréation chez l’homme et l’animal a fait l’objet d’une multitude de représentations.  

    Après avoir connu une économie « individuelle » et vécu de la collecte de graines, de fruits et de racines, et de la chasse de petites espèces d’animaux, ou de bêtes blessées ou malades, il semble que l’homme, ou son ancêtre, soit passé au stade de l’économie tribale au Paléolithique supérieur, devenu chasseur de mammouths et surtout de rennes. Ces rennes surtout, fournissent la viande pour la nourriture, les peaux pour les vêtements et les tentes, la graisse pour les lampes, les ramures et les os pour les armes et les outils, les nerfs pour le fil à coudre et les lanières.     Avec la disparition du renne au Mésolithique, les tribus passent à une économie mixte de chasse, de pêche et cueillette des coquillages, des racines et des graminées. Le gros gibier de base qui remplace le renne est le cerf et les sangliers, avec le chevreuil, les bovidés et les capridés.     Le Néolithique apporte des transformations fondamentales: à l’invention de l’agriculture se joint celle de la domestication des animaux et les stocks permettent de prévoir l’avenir et d’éviter les famines. L’économie agricole coexistera pendant 2 ou 3 millénaires avec l’ancienne économie de chasse. La sédentarisation se généralise progressivement.       A l’époque gauloise, les agriculteurs-éleveurs sont une des composantes avec les commerçants et les artisans, de la classe productrice auxquels s’ajoutent les marins pêcheurs dans les régions côtières.     La culture la plus usitée était celle des céréales (blé, épeautre, seigle, avoine, orge) et des légumineuses (petits pois, fèves, lentilles). Ces cultures couvraient parfois de vastes étendues territoriales et dans certaines régions étaient communes. Le blé était cultivé en grand et les sous-produits résultant de sa transformation étaient nombreux.     L’autre grande partie de l’alimentation était assurée par l’élevage qui fournissait viande et lait en quantité. Les instruments sont multiples: araires à soc fixe, charrues à roues, machines à faucher et même des moissonneuses à dents de fer.       On ignore presque tout de la vie des campagnes au VIIe siècle. Les grandes familles de propriétaires fonciers de l’époque gallo-romaine semblent s’être perpétuées sans solution de continuité. On ne doit pas connaitre le partage franc entre réserves et tenures, et à côté de l’esclavage qui persiste, il doit exister maintes petites propriétés exploitées par des hommes libres. L’Aquitaine reste par ailleurs attachée à la simple foi jurée au puissant qui assure protection, tout en demeurant hostile à la vassalité franque qui implique une domination.    

  A la fin du IXe siècle et au Xe, la population est presque totalement rurale. On y distingue « libres » et « non libres ».. L’esclavage est encore en vigueur qui fait de l’esclave la propriété du maître. A partir de la fin du Xe siècle, le vocabulaire change, les termes propres à l’esclavage disparaissent sauf l’un d’eux (servus) et il semble qu’alors le servage est la condition normale des paysans, le serf étant un non-libre attaché à l’ exploitation d’une terre pour le seigneur. Le servage se transmet par naissance , mais l’homme libre peut aussi choisir d’aliéner sa liberté, par piété envers une églsie ou, dans une époque de violence quotidienne, par souci d’être protégé.    

 Les colons forment une classe intermédiaire entre hommes libres et serfs : attachés à la culture d’une terre à titre héréditaire, ils ont, comme les « libres », la capacité d’ester en justice. Mais il semble qu’au XIe siècle, ils se confondent avec les serfs. Les avis diffèrent entre historiens sur ce qu’il faut entendre par « colliberts », sans doute des « non-libres » n’ayant pas de tenure réelle et pouvant posséder des biens à titre personnel. Mais plus ou moins tôt, la distinction entre « libres » et « non-libres » va tendre à s’estomper. Libres et serfs, soumis au ban du châtelain sont astreints aux mêmes coutumes, et les alleux (terres libres) se transforment en tenures soumises aux mêmes redevances que les terres exploitées par les serfs:  cens, part de récolte appelée agrier, ou terrage, dîme. Le mot « servus » figure en Poitou dans une soixantaine de chartes au Xe siècle, une trentaine au XIe, une douzaine au XIIe. On parlera alors plutot d' »homme », d' »homme coutumier », d' »homme propre » avant que ne l’emporte, dans la région d’abord puis dans toute la France, le terme de « roturier » (ruptuarius), celui qui rompt la terre pour la mettre en culture. 

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