petite histoire des gens de la terre – 2ème partie

avril 20, 2007 at 2:39 (histoire)

     L’affranchissement des colliberts et des serfs commencé à la fin du XIIe siècle, se poursuit au XIIIe. Au XIVe, le servage ne subsistait plus que dans la marche poitevine. Les « villains » ne sont plus astreints qu’au cens, en argent ou en nature. Au XIVe, apparait la coutume du fermage (ou: bail à temps). On distingue deux catégories de paysans: la plus nombreuse est celle des petits propriétaires, métayers et fermiers, l’autre, celle des vignerons et des journaliers. Il semble que jamais la condition des habitants de la campagne n’a été aussi heureuse, sous l’Ancien Régime, qu’à cette époque.    

  Pourtant, la Guerre de Cent ans et les épidémies de peste laissent le Poitou et l’Angoumois pour ainsi dire déserts: bois coupés, ceps de vigne arrachés, arbres fruitiers déracinés, moulins détruits. On est entré dès le première moitié du XIVe dans une récession de l’économie qui peut aller jusqu’à la moitié des productions et qui, après une reprise au moment du retour au calme à la fin du siècle, se poursuit et s’amplifie jusqu’au milieu du XVe siècle. Bien des terres sont abandonnées et, souvent, seules les terres proches des places où l’on peut se retirer en sécurité le soir sont mises en culture. Les denrées renchérissent, les pauvres gens ne mangent que des choux et des navets sans pain ni sel.      Lors de la période de paix continentale qui s’étend de 1453 à 1562, on en profite pour augmenter le rendement du sol, et les états de Saintonge, Angoumois et Poitou décident de concéder les terres en friche à tous ceux qui s’engagent à les mettre en culture, contre une simple redevance. Mais, si quelques paysans réussissent à s’enrichir et à constituer une petite bourgeoisie rurale, d’autres sont obligés d’emprunter et ne peuvent se libérer. La plupart, malgré le poids des impôts royaux et seigneuriaux arrivent pourtant à vivre. Il semble que la première moitié du XVIe siècle soit globalement favorable à la paysannerie. Peu de famines, des terres à défricher, des salaires élevés pour les journaliers, des droits seigneuriaux modérés, allégés par la hausse ds prix favorisant le développement d’une petite et moyenne paysannerie. Ces « laboureurs à boeufs » et « laboureurs à bras » sont en majorité des petits propriétaires parcelleaires qui prennent en surplus quelques terres en fermage ou métayage.    

  Mais avec les guerres de religion, les pillages de récoltes, les destructions des fermes et du capital de cultures, l’insécurité permanente désorganisent l’économie et la société rurale.     Au XVIIe siècle, les paysans ne sont pas heureux, les impots royaux et seigneuriaux sont lourds, le peuple n’arrive pas à les payer.Souvent ce qui reste aux paysans leur est enlevé par les brigands et de nombreux seigneurs accablent de corvées leurs paysans, abimant leurs récoltes par les chasses à cour. Des émeutes éclatent , des bandes de paysans font la chasse aux « gabeleurs ».     A la mort du cardinal de Richelieu, suite à de mauvaises récoltes, le prix du pain a augmenté et la perception d’impots nouveaux porte à son comble l’exaspération du peuple. Les gentilshommes du Poitou et d’Angoumois prennent fait et cause pour leurs paysans mais les troupes royales interviennent, pillent les pays insurgés et font rentrer les impots.      Au début du XVIIIe, on assiste, dans la société rurale, à la domination des « laboureurs » (gros contribuables: 20 à 30% de la population) auxquels il faut ajouter les marchands ruraux et les meuniers. Au sommet de ce groupe, on trouve quelques « coqs de village », gros laboureurs devenus fermiers seigneuriaux cumulant l’exploitation de plusieurs métairies en même temps marchends de blé et de bestiaux. La majorité des « laboureurs à boeufs » se limiteent à l’exploitation d’une ferme ou d’une métairie dont ils sont rarement propriétaires. Cependant, dotés d’un solide cheptel et de réserves, ils restent normalement à l’abri des aléas de la conjoncture.     A côté, une grosse majorité de « dépendants » inclut la masse de la petite et moyenne paysannerie: petits métayers, « colons », bordiers, vignerons charentais, « laboureurs à bras », « riverons », ainsi que la gamme des modestes artisans ruraux du textile et du bois, et les maréchaux et les maçons. Auxquels il faut encore ajouter les gros bataillons de journaliers et de manouvriers.     

  A la Révolution, dans les quatre provinces, plus de 300 000 hectares de terrains restent improductifs, landes ou marais, même si les intendants Tourny, Turgot et Blossac ont encouragé l’agriculture, introduit la culture de la pomme de terre, autorisé la libre circulation des grains, favorisé l’élevage, lutté contre les épizooties.    

  Au XXe siècle, le progrès des sciences entraine celui de l’économie agricole plus ou moins rapidement suivant la nature des cultures, la répartition de la propriété, la distance des grandes voies de communication. Mais il fallut attendre le début du XXe pour que la Charrue Brabant, la herse articulée, le rouleau, la houe à cheval figurent dans les bonnes fermes. A ce moment là, il y a même une moissonneuse-lieuse dans chaque village.

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :