sur les traces de Gargantua

août 3, 2007 at 11:07 (contes et légendes, paysages)

Sur les traces de Gargantua
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en Charente (16) :

– Gargantua boit la Font de l’Echo à Ambérac, et s’endort : un troupeau de moutons s’engouffre dans sa bouche, suivi par le berger qui va les y rechercher.
– Roland lance sa cognée à Charras, et forme le terrier du Puy Roland.
– à Mainfonds, il a voulu combler la grande fosse de la forêt de la Braconne, mais il laisse tomber sa hotte, formant ainsi la Motte de Gargantua, que jamais le Diable ne lui a permis de reprendre
.- à Montemboeuf Gargantua fauche le pré d’une vieille femme contre un déjeûner. Après avoir fait la sieste, il coupe tout, même chez les voisins.
– il forme la colline du Pinsonneau, au sud de Baignes-Sainte-Radegonde, avec la boue de ses chaussures, et la motte de Coiron est une dépatture ou « dégotture » de Gargantua.
– dans l’Angoumois, Gargantua fauche le pré d’une vieille femme, puis demande à dîner. Il va pour cela chez un meunier et y prend toute la farine, va prendre du blé chez un fermier pour le payer, fait moudre le grain et propose de faire de la bouillie dans l’écluse ; mais il avale tout, y compris les animaux crevés que l’on y jette pour l’arrêter.
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dans les Deux-Sèvres (79) :

– sainte Macrine, montée sur une mule ferrée à l’envers, fuit devant Gargantua qui a jeté son dévolu sur elle. La bête, fatiguée, s’arrête dans l’île de Magné, près du champ des Idoles, où l’on sème de l’avoine. Lorsque Gargantua arrive, l’avoine est miraculeusement prête pour la moisson, et le paysan nie avoir vu quiconque passer depuis le moment où il semait. Gargantua abandonne sa poursuite et secoue ses sabots pour former les buttes de Sainte-Macrine et de la Garette.
– Gargantua s’assied sur le clocher de Notre-Dame de Niort, les pieds sur ceux de Fontenay-le-Comte et de Luçon.
– un gros mammelon arrondi dans la vallée de la Sèvre, près de Saint-Maixent, et de la route à la Motte-Saint-Heraye, est un Etron de Gargantua, qu’il dépose un pied dans lîle de Montaï, près de Palu, l’autre sur le coteau Pèss’Marin, près de Nanteuil.
– Gargantua boit le Thouet au gué de Ligaine, près de Taizé. Puis il mange six boeufs, avec une charette chargée d’épines et le bouvier et s’endort. Il forme deux buttes en vidant un de ses sabots à Montcoué, l’autre à Tourtenay, avant de poursuivre sa route vers le nord, par Saint-Léger-de-Montbrun et Oiron. Il avale alors un moulin sur les côteaux de la Loire, et en meurt car les ailes continuent de tourner dans son ventre.
– Gargantua avale l’eau de la mer qui s’étendait jusqu’à Niort, ce qui forme le Marais Poitevin.
– Gargantua boit la Sèvre Niortaise avec un bateau et assèche le Marais Poitevin.
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en Vendée (85) :

– trois menhirs détruits, à Avrillé, servaient de minches (buts) à Gargantua, qui les visaient depuis Saint-Benoist, où il a abandonné sur place un Palet. On venait autrefois déposer sur ce Palet, au printemps, une poignée de trèfle pour se protéger du cheval Malet.(le Cheval Malet était un cheval blanc, le diable déguisé, que l’on pouvait rencontrer dans un bois appuyé contre un arbre. Si l’on avait l’imprudence de monter sur lui, il partait aussitôt au grand galop et ne s’arrêtait qu’au bord d’une rivière ou d’un étang où le cavalier était précipité)
– à Rosnay-sur-Yon, Gargantua est poursuivi par les chiens d’un berger. Il les met dans sa poche et tente de les écraser comme des fourmis ; mais ils se blottissent entre ses jambes et le mordent, l’obligeant à fuir à toutes jambes. Il abandonne là les deux mégalithes qu’il portait. Selon une autre interprétation, il faisait là, près de la Folie, une partie de minche, en se servant des dolmens de Talmont et des Moutiers comme palets. Mais un chien le mord au pied, et il laisse là les Pierres Follet. Sa fuite le mène du clocher de Luçon à ceux de Fontenay-le-Comte et de Notre-Dame de Niort.
– la table du dolmen du Grand Douillac, à Saint-Vincent-sur-Jard, est connue sous le nom de Palet de Gargantua.
– allant de Nantes à la Rochelle, Gargantua suit la vallée de l’Yon. Il rencontre le Diable qui porte un énorme rocher. Ils font ensemble une partie de palet. Gargantua arrache un bloc au lit de la rivière et vise la pierre levée de la Roussière. Son palet tombe dans la rivière au Tablier : c’est la Pierre Nauline ou Mouline, ou encore Pierre de Gargantua. Puis il poursuit son chemin et détache des blocs de la falaise qui se retrouvent dans l’Yon à La Gorge aux Loups. Et il se repose en s’asseyant sur la Pierre du Vigneau.
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dans la Vienne (86) :

– le dolmen de la Pierre-Levée, à Passe-Lourdin, près de Poitiers, est dit par Rabelais avoir été construit par Gargantua.
– c’est le cheval de Duguesclin qui fait jaillir les eaux curatives de La Roche-Posay, près du ruisseau de la Gargonde, sous son sabot. Mais Gargantua pourrait bien l’y avoir précédé.
– à Saint-Rémy-sur-Creuse, Gargantua lançait des palets depuis le chateau des Roches jusqu’au chateau de Chaloupy, de l’autre côté de la rivière, avant de la traverser lui-même. Avant qu’on le fasse sauter à la mine pour construire en 1910 la mairie et l’école, le Palet de Gargantua était un roc situé sur la rive gauche de la rivière dans les falaises à habitat troglodyte.
– à côté de Cherves, un pied sur la colline de Cherves (147 m.) et l’autre sur ce qui allait devenir le Pied de Doux (154 m.), Gargantua s’est assis dans la vallée pour se reposer. Il y aurait perdu ses pendants d’oreilles, en l’occurence des mégalithes disparus ou dispersés avec le remembrement, sous lesquels reposaient de prodigieux trésors.
– à Poitiers sur la rive droite du Clain, non loin du Pont Joubert, un énorme rocher en saillie sur la falaise, à la partie supérieure aplanie en terrasse porte le nom de Chaise de Gargantua.
– Plusieurs « Patins de Gargantua » sont dénombrés dans la Vienne où, trainant sous chaque pied une bonne épaisseur de boue argileuse qui gènait sa marche, il les secouait vigoureusement pour s’en débarasser : propulsés, ces mottes de terre auraient, en s’écrasant à bonne distance, fait les buttes de Beaumont, de Gironde, commune de Saint Genest, de Puy-Mouron, commune de Frontenay sur Dive et de Puy-Taillé, commune de Saint Chartres (ndlr. voir « la Dive, une rivière divine »).
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(sources : Rabelais
Société de Mythologie Française
Mineau/Racinoux : « La Vienne Légendaire ».)

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Un commentaire

  1. Savais-tu que le marais poitevin est le fruit d’une envie pressante de Gargantua ? | Savaistu.com said,

    […] 1 Source 2 Source 3jusqu’à Niort, ce qui forme le Marais Poitevin. 5 Cette entrée a été publiée dans Savais-tu […]

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