Du pagus

septembre 11, 2007 at 3:40 (Généralités, histoire)

Dans notre présentation, nous écrivons: « dans l’espoir d’une renaissance païenne, nous nous proposons de récolter un maximum d’informations dans tous les domaines qui peuvent aider à mieux connaitre l’identité de notre Pagus, la vie quotidienne et les rites de nos Ancêtres. Nous irons à la recherche des Dieux et Déesses du sol que nous foulons à travers notre imaginaire, les lieux, les récits historiques, les légendes, les coutumes et les fêtes toujours vivantes… »

C’est dire pour nous l’importance de la notion de Pagus. Nous employons plus volontiers le mot latin, qu’employait aussi César dans ses Commentaires puisqu’il recouvre une réalité connue et précise… nous ne sommes pas convaincus que tel était le cas pour le gaulois « brog(i) » puisque rien n’atteste en vérité que du sens initial de « frontière, marche », il soit passé partout en Gaule à « territoire, pays »…

Dans sa « Vie et croyances des Gaulois avant la conquête romaine », Etienne Renardet écrit:

« Les impératifs économiques et le besoin d’assurer la sécurité ont incité les familles à se réunir entre elles pour former des clans, les clans des tribus.. De même les villages gaulois qui constituaient des unités bien définies ont ressenti le besoin de s’associer à des agglomérations voisines pour faciliter des échanges de produits abondants ici et rares là. De plus, la civilisation en se développant, supposait des installations dont un seul village ne pouvait assurer la création et l’entretien. Les greniers à sel du Moyen Age en donnent une idée.. Les chemins, en particulier, requéraient la mise en oeuvre de travaux considérables. Jusqu’au siècle dernier, chaque village, si petit soit-il, avait son cantonnier. Ce dernier était requis pour travailler avec ses collègues sur les chemins du canton. De là lui vient du reste son nom. Par ailleurs, il n’aurait servi à rien de construire une route si, sur les territoires voisins, elle n’avait eu son prolongement, ce qui suppose un plan concerté.. L’aménagement des rivières supposait aussi un effort commun.

Ainsi sont nés les cantons. Leur constitution remonte peut être à l’époque pré-celtique. Mais ils subsistèrent jusqu’à la féodalité. On sait à vrai dire peu de choses sur chacun d’eux. Pourtant on a retrouvé certains limites de ces circonscriptions. L’une d’elles, en particulier, est caractéristique. C’est l’equoranda qui a donné de nombreux dérivés comme Aigurande, Ingrande, etc. Il semble bien que ce mot gaulois [qui aurait le sens de « limite d’eau »] évoque à la fois l’eau et le cheval. Plusieurs lieux portant ce nom pourraient bien correspondre au point où les charges, transportées par eau, devaient être reprises par des transports terrestres. des traditions relatives à saint Eloi et à des pélerinages de chevaux liés à ces equoranda appuient cette hypothèse.

Au canton est donc liée la notion de réseau de voies terrestres et fluviales. Par ailleurs, on sait que le christianisme, lors de son implantation, a calqué ses structures sur les circonscriptions existantes. Avant de créer les paroisses il a mis en place des baptistères, souvent dédiés à Jean le Baptiste, où les habitants du pagus venaient adhérer à la nouvelle religion. Après la création des paroisses dans chaque village, des « églises-mères » ont gardé certaines prérogatives qui rappelleraient leur situation au chef -lieu du pagus. L’examen de la géographie ecclésiastique primitive et du réseau des voies est susceptible de donner des indication intéressantes sur les cantons gaulois.

On rencontre de nombreux toponymes de la forme « mediolanos » nettement celtique et signifiant « plaine du milieu ». Les agglomérations occupant cette situation pourraient bien être les chefs-lieux de cet ensemble de villages ou de clairières constituant le pagus. S’il en est bien ainsi la constitution des cantons remonterait à une très haute époque, ce qui n’est pas pour nous surprendre. Cette structure, bien antérieure à l’époque gauloise, aurait subsisté mais l’importance prépondérante du medialonos aurait été supplantée par celle de la cité ».

Il est à noter qu’on peut tout à fait remplacer le mot « canton » par celui de « région » sans crainte d’extrapoler …

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