mégalithes dans la Vienne

avril 22, 2008 at 9:01 (archéologie)

(sources : « Inventaire des Mégalithes de France. La Vienne ». Pautreau/Mataro I Pladelasala. Association des Publications Chauvinoises)

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Sanxay antique : le livre

avril 3, 2008 at 5:21 (livres)

Le n° 25 de la collection des Guides archéologiques de la France, consacré au grand sanctuaire rural gallo-romain de Sanxay, dans la Vienne, était épuisé depuis longtemps. Une nouvelle édition, réactualisée, paraît aux Editions du patrimoine – Centre des monuments nationaux :

« Sanxay antique » Pierre Aupert, Jean Hiernard, Myriam Fincker 120 pages. 130 illustrations 18 €

sanxay.jpg   Le mystérieux site de Sanxay avec son temple, son théâtre et ses thermes, a fait l’objet, dès les premières fouilles archéologiques, de nombreuses interprétations parmi les savants : lieu de réunions, de pèlerinage, de spectacles ?

L’existence d’un temple à double cella transformé en thermes munis de grands bassins caractéristiques des établissements d’hydrothérapie, de même que la source et les galeries semi enterrées du grand temple conduisent à penser qu’il s’agissait d’un lieu de cure thermale placé sous le patronage peut être d’un couple, au moins de plusieurs divinités,

Comme tous les autres sanctuaires des eaux connus en Gaule, ce lieu, au caractère indéniablement religieux, devait attirer de nombreux consultants de l’oracle, des patients et des fidèles venus de la campagne environnante.

Les habitants de la vallée s’y réunissaient en outre pour célébrer les fêtes liées aux cultes des divinités , pour assister aux liturgies et aux spectacles offerts dans le théâtre et pour participer aux banquets qui accompagnaient ces diverses manifestations : Sanxay était aussi un important centre d’information, d’échanges et de divertissement.

Une sorte de « parcours initiatique » est proposé dans cet ouvrage grâce à un texte d’une haute tenue scientifique, agrémenté de nombreuses illustrations en couleurs, de magnifiques photographies aériennes, de reconstitutions, de plans ou encore de gravures anciennes.

Il raconte tout d’abord l’histoire des recherches et des découvertes archéologiques, permettant ainsi au lecteur de suivre les archéologues tout au long de leur enquête. D’autres chapitres sont consacrés à la description et à l’étude approfondie des monuments eux-mêmes : le théâtre, le sanctuaire des eaux curatives, mais aussi deux temples uniques dans l’architecture de l’Empire romain : le temple à double cella et le fameux temple octogonal. Un chapitre présente enfin les objets découverts sur le site et qui sont conservés aujourd’hui au musée Sainte-Croix de Poitiers. Les auteurs livrent, à travers cet ouvrage, la synthèse la plus minutieuse et la plus aboutie sur l’état général de la connaissance historique, archéologique et monumentale du site de Sanxay, depuis les premières fouilles menées au XIXe siècle par le père Camille de La Croix jusqu’à nos jours.

Chronologie, bibliographie et glossaire prennent place à la fin de l’ouvrage.

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construction d’un tumulus

avril 2, 2008 at 5:12 (archéologie, civilisation)

En réponse à de nombreuses questions, on ne peut guère que formuler des hypothèses… « Comment étaient construits les tumulus » est une de ces questions sur lesquelles on ne peut faire que butter car les faits sont là : on connait de mieux en mieux le mégalithisme mais l’archéologie n’a pu, encore, apporté de réponses certaines quant aux techniques qu’ont utilisées les hommes de cette époque pour construire de telles structures.
Pour les peuples européens, le culte des morts tient une grande place dans la vie quotidienne et religieuse puisqu’ils considèrent que ces derniers sont encore présents parmi les vivants et qu’ils sont les dépositaires d’une force bien supérieure à la leur. Ce culte est essentiellement déterminé par la croyance selon laquelle toutes les formes d’existence, des hommes, des animaux et même des produits de la terre sont, d’une manière ou d’une autre, influencées par les ancêtres défunts. Si les chrétiens plus tard, prieront POUR les morts, nos ancêtres païens priaient DIRECTEMENT les morts, ce que leur reprochera avec force saint Augustin.
Lors des enterrements, en général collectifs, on offrait habituellement aux défunts des biens d’usage courant que l’on disposait dans les tombes avec les cadavres. Puis, au cours du rituel funéraire, on brûlait d’autres biens qui allaient suivre l’âme du défunt dans le royaume des morts.
Si ce culte des défunts et des ancêtres prend de l’importance au mésolithique, car il faut entrer en contact avec eux pour s’assurer leur protection (et ce sont les sorciers prêtres de ces tribus, les Chamans, qui servent d’intermédiaires entre les hommes et les âmes des ancêtres), il acquiert une importance fondamentale au néolithique avec l’affirmation de l’agriculture et de la sédentarisation. En effet l’observation du mystère du cycle mort et renaissance de la végétation influence les croyances sur la vie post mortem et les croyances en une vie après la mort et l’idée selon laquelle les défunts ont un moyen d’exercer une influence sur le monde des vivants se renforcent.
Le développement et la diffusion de l’agriculture au néolithique a fait glisser un rapport qui reliait l’homme à l’animal (qui prédominait au temps des chasseurs du paléolithique) à un rapport reliant l’homme à la végétation. C’est de cette époque que datent les fêtes saisonnières liées au cycle de la végétation et les mythes qui intègrent la mort, puis la renaissance d’une divinité. La liaison entre la fécondité féminine et la fertilité de la terre devient alors un élément fondamental et l’association qui apparait primordiale est celle de la Mère et de la Terre. Il faut souligner le fait que l’essentiel des mythes du néolithique dérive de l’agriculture. Les cultes de la fertilité, de la femme comme de la terre, les mystères de la naissance, de la mort et de la renaissance qui s’illustrent grâce aux rythmes des saisons et de la végétation sont des valeurs qui s’articulent progressivement.
L’hommage à la Grande Déesse et sa célébration privilégiait la vie féconde et toujours renaissante par le biais du culte des morts que l’on réintégrait dans les matrices telluriques qu’étaient les sépultures mégalithiques. Car les menhirs et les ensembles mégalithiques sont des centres cérémoniels en laison avec le culte des morts en même temps que/ou des observatoires astronomiques. Les dolmens, eux, et les tumulus qui sont des reconstitutions des grottes initiatiques magdaléniennes, sont des sépultures funéraires et les constructions mégalithiques des sites religieux et funéraires.
La Terre mère est la Grande mère, la Déesse mère, qui personnifie l’énergie féminine et terrestre distribuant la vie en abondance, qu’elle soit humaine ou végétale, et à son culte s’associe celui rendu aussi à l’eau, à la lune, à la femme et à la fécondité.
La religion des Mégalithiens serait donc une religion cosmique centrée sur la rénovation périodique du monde, et à côté de ce symbolisme féminin apparait aussi un élément masculin très souvent assimilé au taureau qui permettra progressivement au culte du Ciel protecteur d’être associé à celui de la Terre mère.

Pour en revenir à la construction des tumulus, l’archéologie expérimentale s’occupe à tester des théories relatives aux méthodes d’extraction, de traction et d’érection des plus gros blocs de pierre constitutifs des monuments. Ainsi les reconstitutions qui vont suivre, illustrent trois étapes d’une construction d’un même dolmen et de son tumulus à partir d’une des hypothèses actuelles.
Elles ont pu être réalisées grâce au concours scientifique de Jean Pierre Mohen, Roger Joussaume, Luc Laporte et Bertrand Poissonier et sont présentées dans l’enceinte du parcours de découverte du musée des Tumulus de Bougon (Deux Sèvres).

bougon-1-2008-070.jpg La construction du monument commence par la mise en place de la chambre funéraire: les piliers du dolmen sont en cours de positionnement. Une petite fosse de quelques dizaines de centimètres reçoit un pilier dont la base sera stabilisée par un blocage de pierres. Des expérimentations ont permis d’observer qu’il était possible d’ériger des dalles à l’aide de cordages, de trépieds en bois et parfois d’échafaudages et de leviers.
Un premier cercle de pierres vient épouser les piliers érigés pour les maintenir alors que les autres blocs viennent combler les vides laissés. Enfin le tumulus qui englobe tout le dolmen est déjà en partie délimité par son parement externe.

bougon-2-2008-073.jpg Le dolmen est pratiquement terminé. Il est entièrement entouré de sa « chemise » de pierres épousant les piliers. Le parement externe du tumulus est en partie construit. Un système de cloisons forme une résille de cellules remplies de terre et de pierres ce qui permet de maintenir la masse du monument. Il ne reste qu’à poser la dalle de couverture.
Ici, l’intérieur du dolmen a été complètement rempli de pierres sur lesquelles sont posés des piliers de bois. Une fois la dalle en place, le dolmen est vidé depuis son couloir. Mais d’autres systèmes sont envisageables, notamment des rampes de terre s’appuyant (ou non) sur le tumulus.

bougon-3-2008-078.jpg Le monument est proposé dans son état final. Le tumulus englobe totalement le dolmen. Mais nous n’avons peut être aujourd’hui qu’une connaissance partielle de ces monuments. Ainsi la présence de poteaux de bois, autour ou sur la structure et même des traces de peinture sont parfois attestées. Les plus gros blocs ont été transportés sur de longuies distances mais les pierres utilisées pour construire les parements proviennent de carrières situées au pied des monuments, ce qui accentuait vraisemblablement l’aspect monumental de la construction. En effet, si ces monuments sont des tombes, ils ont aussi été édifiés pour être visibles de loin.

bougon-4-mars-2008-083.jpg Aujourd’hui, cinq à six mille ans plus tard, voici ce qui pourrait rester du monument.
L’érosion, l’affaissement naturel lié au poids de la construction mais surtout et le plus souvent les interventions de l’homme au cours du temps, font qu’il ne reste que la structure interne du monument, c’est à dire le dolmen.
Les piliers et la dalle de couverture sont en effet plus difficiles à déplacer et à récupérer…

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