L’archéologie préventive dans la ligne de mire

octobre 28, 2008 at 5:27 (archéologie) ()

« Depuis des années, quelques députés ou sénateurs nous ont habitué à se saisir d’un projet de loi pour mener des attaques en règle contre l’archéologie préventive. C’est la technique du « cavalier » législatif. Cette fois, c’est le projet de loi sur le logement qui sert de prétexte à un nouveau coup bas contre le patrimoine archéologique. A la manoeuvre se trouve Daniel Dubois, sénateur centriste de la Somme.

Sous un prétexte fallacieux ne reposant sur aucun fondement (l’organisation d’une opération préventive sur un site urbain de la période médiévale à Saint-Riquier, ville célébre pour son abbaye carolingienne), il a fait adopter, avec l’aide de l’UMP et de Christine Boutin, l’amendement suivant :

« Si dans les six mois qui suivent l’arrêté d’autorisation de fouilles sur des terrains destinés à la construction de logements sociaux, aucune opération de fouilles n’a été engagée, l’autorité administrative prononce le retrait de l’autorisation. »

Si cet amendement, dont la rédaction n’a aucun sens, devait être définitivement adopté, il s’agit d’un véritable détricotage de la loi… votée il y a quelques années par ces mêmes sénateurs.

C’est bien évidemment, à terme, la mort des fouilles archéologiques préventives puisque les lobbys demanderont probablement l’extension de cet amendement à l’ensemble des projets d’aménagement. En effet, tant les délais de mise en oeuvre de ces opérations que le manque d’effectifs à la hauteur des besoins, sont les causes de délais bien souvent supérieurs à six mois. Il suffirait d’ailleurs qu’un aménageur omette de lancer un appel d’offres pour que les délais soient de fait dépassés ! »

Source : SUD Culture

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Vilhonneur (16): à qui la grotte ?

octobre 28, 2008 at 5:19 (archéologie) (, , , )

VILHONNEUR (16). L’État et le propriétaire du terrain, Henri Mathé-Dumaine, se disputent ce site où a été découvert un trésor préhistorique. Le tribunal tranchera


La grotte sera-t-elle intégrée au domaine public ou restera-t-elle la propriété d’Henri Mathé-Dumaine ?

Suspense. À qui appartient la grotte ornée de Vilhonneur où ont été découverts en 2006 des peintures pariétales ainsi que des ossements humains et d’animaux datant du paléolithique supérieur, autour de 27 000 ans avant notre ère ?

Sur avis de la commission interrégionale de la recherche archéologique, le préfet de région a, par arrêté du 12 mai 2006, décidé d’incorporer la grotte au domaine public de l’État, comme le prévoit la législation « qui assimile les biens immobiliers découverts fortuitement à des biens réputés vacants lorsqu’ils présentent un intérêt archéologique majeur.»

Sauf que le propriétaire du terrain, Henri Mathé-Dumaine, ne l’entend pas de cette oreille et a porté l’affaire devant le tribunal administratif de Poitiers où une audience sur la question doit avoir lieu le 6 novembre. Le maire de Vilhonneur, Vivian Varneau, est quant à lui hors jeu.

« Aujourd’hui, on est sur la touche », confirme-t-il. « Étant donné l’importance de la découverte, je pense que l’ancienne municipalité aurait pu s’impliquer dans ce dossier. »

Le propriétaire du terrain, lui, n’a pas lâché l’affaire. « L’État s’est approprié la grotte et je le conteste », explique Henri Mathé-Dumaine qui vit à Paris. Même si le tribunal administratif prononce un jugement défavorable pour lui, il confie qu’il n’en restera pas là avec la possibilité de faire appel. Le règlement de cette histoire pourra donc encore prendre pas mal de temps.

Pas ouverte au public.

En attendant, la grotte est fermée. Le conservateur régional de l’Archéologie, Jacques Buisson-Catil, attend le jugement pour parler de l’avenir de ce site. « Il est trop tôt pour dire ce qu’il deviendra. Avant, il y a une décision de justice », insiste-t-il.

Dans l’un de ses numéros de 2006, le magazine « L’Actualité Poitou-Charentes » avait réalisé sur le sujet une interview de Jean Airvaux, préhistorien au Service régional de l’archéologie. L’intéressé, à qui l’on faisait remarquer que le site était fermé au public pourtant sensible aux découvertes qui touchent la préhistoire, avait répondu : « À Vilhonneur, des photos accompagnées de textes sont déjà à la disposition du public.

Des reconstitutions partielles comme celles du panneau comportant le visage humain peuvent être envisagées à partir de relevés tridimensionnels… Mais le site ne sera pas ouvert au public. »

Source : Sud-Ouest

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