le Cône d’Or d’Avanton (86)

septembre 26, 2008 at 9:39 (archéologie, civilisation, histoire, symboles) (, , , , , , , , )

Compte tenu de l’absence totale de renseignements en français sur le sujet (pour Avanton, on évoque seulement, sans prendre la peine d’aller plus loin, un éventuel et possible culte de la fertilité, probablement lié à la forme phallique de l’objet……), cet article est le résultat d’une traduction-adaptation de divers articles en anglais, dont Wikipédia.

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Les Golden Hats sont spécifiques de l’âge du bronze en Europe centrale. Ils sont faits de minces feuilles d’or fixées à un long cône et stabilisées par des ornements sur les bords qui étaient probablement faits de matières organiques. Ces Cônes d’Or, qu’on appelle aussi des Chapeaux d’Or sont rares. En fait, il semble qu’on n’en connaisse que quatre :

– celui de Schifferstadt découvert en 1835 près de Speyer en Allemagne dans le Rhineland-Palatinat, daté de -1400-1300

celui d’Avanton, incomplet, trouvé près de Poitiers en 1844, vers -1000-900 (hauteur de 55 cm pour un poids de 285 g.)

– celui d’Ezelsdorf, trouvé près de Nuremberg en 1953, vers -1000-900 qui, avec ses 90 cm, est le plus grand spécimen connu

– celui de Berlin, d’origine incertaine, trouvé en Souabe ou en Suisse et acquis par le Musée de Berlin en 1996, vers -1000-800.

Les Cônes sont associés à la période pré-proto-celtique de l’âge du bronze, culture des champs d’urnes. Les fortes similitudes dans le symbolisme utilisé et les techniques de fabrication témoignent d’une culture cohérente de l’Age du Bronze sur un vaste territoire recouvrant l’Est de la France, l’Ouest et le Sud-Ouest de l’Allemagne.

On suppose que les Cônes étaient des insignes religieux pour les divinités ou les prêtres d’un culte rendu au soleil qui devait alors être répandu en Europe Centrale. Plusieurs théories sont en présence. On parle d’abord de vases de cérémonies. Une seconde théorie, largement répandue jusqu’à aujourd’hui, place les Cônes sur les piliers ayant entourés les sanctuaires. Cependant les historiens du Musée de Berlin affirment avoir établi avec quasi-certitude que ces mystérieux Cônes étaient à l’origine portés comme des chapeaux de cérémonie par les prêtres devins (peut être même des « rois-prêtres ») de l’Age du Bronze. Leur utilisation comme couvre-chefs est confortée par le fait que, pour trois d’entre eux, la base présente un élargissement et que leurs ouvertures sont de forme ovale (et non pas rondes) avec des diamètres et des formes très semblables à celles du crâne humain.

La représentation figurative d’un objet qui ressemble à un chapeau conique sur une dalle de pierre de la tombe du roi « Kungagraven » à Kivik, dans le sud de la Suède, va aussi dans le sens d’une association avec la religion et le culte, ainsi que le fait que tous ces cônes semblent avoir été soigneusement entreposés (enterrés).

Les tentatives faites pour déchiffrer l’ornementation des Cônes donnent à penser qu’ à côté de leur rôle cultuel il était possible de s’en servir comme de calendriers mais on ne sait pas trop s’ils étaient effectivement utilisés dans ce sens ou s’ils ne faisaient que présenter les connaissances astronomiques de l’époque.

Une étude détaillée de celui qui est au musée de Berlin par exemple, entièrement préservé, a révélé que les symboles utilisés représentent probablement un calendrier luni-solaire et permettent de prédire le mouvement du soleil et des étoiles. Le Cône aurait donc permis la détermination de dates ou de périodes d’un calendrier lunaire comme d’un calendrier solaire ainsi que la conversion entre eux. On imagine sans peine l’intérêt que pouvait représenter de telles connaissances et de telles possibilités pour la société de l’Age du Bronze, dans la détermination notamment d’évènements aussi importants que le solstice d’été ou le solstice d’hiver. On imagine aussi que les « rois-prêtres », capables de prévoir avec précision l’heure exacte de semis, de plantation et de récolte des cultures étaient de véritables «  seigneurs de temps » qui avaient un accès à la connaissance divine qui leur permettait de regarder l’avenir.

Même si le système de cette fonction mathématique intégré à l’ornementation artistique n’a pas été entièrement déchiffré à ce jour, on a pu en dresser un schéma de compréhension et il semble notamment certain que les ornements d’or et les séquences systématiques de bandes permettent le comptage des unités de temps jusqu’à 57 mois. Une simple multiplication de ces valeurs permettrait également le calcul des périodes plus longues, par exemple du Cycle de Méton. Chaque symbole, ou chaque anneau d’un symbole, représente une seule journée. A côté des bandes ornementales intégrant différents numéros d’anneaux, il existe des symboles et des zones en intercalaire, qui auraient dû être ajoutés ou soustraits de la période en question. Chacun des Cônes présente entre 10 et 20 zones avec un nombre différent de symboles. Le nombre de cercles de chaque symbole et le nombre de symboles d’une ou plusieurs zones sont multipliés dans un premier temps. La somme totale est interprétée comme un nombre de jours. Dans un deuxième temps le nombre de jours est comparé à un cycle astronomique moyen tel que le mois synodique ou l’année tropicale .

Les Chapeaux d’Or connus à ce jour sont faits d’un alliage d’or ( 85-90%) et d’argent ( environ 10%) avec des traces de cuivre et d’étain (<1% chacun). Ils sont faits d’une feuille d’or d’un seul tenant martelée à une épaisseur de 0,25 mm (Schifferstadt) à 0,06 mm (Berlin). Ainsi, les cônes sont étonnamment léger compte tenu de leur taille. L’ exemplaire Ezelsdorf , mesure 89 cm de hauteur et pèse seulement 280 g.

En raison de la caractéristique triple du matériau, l’objet avait tendance à durcir et à se déformer en augmentant son potentiel à se fissurer et vus les moyens techniques disponibles à l’époque, la production d’un Chapeau d’Or même s’il n’avait pas été décoré, représenterait déjà un remarquable exploit technique. Et pourtant, comme nous l’avons dit, ils l’étaient: embellis sur toute leur hauteur avec des rangées de bandes radiales ornementales plus riches et plus variées sur les plus récents, imprimées dans le métal . Ces ornements sont pour la plupart des disques et des cercles concentriques, parfois des roues qui ont été martelés à l’aide de timbres, de rouleaux, de moules ou de peignes. Une technique et un savoir faire qui renvoient dans les poubelles de l’Histoire toutes les allégations selon lesquelles les hommes de cette époque auraient été des barbares « à peine » évolués…

Les chapeaux d’or, ou plus précisément, le culte du soleil, qu’ ils semblent avoir servi ou exprimé, sont également souvent considérés comme liés à un certain nombre d’autres travaux remarquables de l’âge du bronze ou du début de l’âge du fer comme, précisément, le disque de Nebra, datant d’environ 1600 avant notre ère, découvert en Allemagne, qui leur est antérieur mais implique de semblables connaissances astronomiques avancées, “La Cape de Mold”, datant de 4000 ans, trouvée au Pays de Galles en 1833, trésor unique, en or massif, et l’une des plus importante découverte de l’age de bronze en Europe, d’un niveau de savoir faire similaire et qu’on pense avoir été l’habit de cérémonie d’un prêtre ou d’un autre personnage important, le Char solaire danois de Trundholm, une représentation claire du soleil liée à des croyances religieuses qui peut remonter à -1800, une série de pétroglyphes scandinaves, et des ensembles comme le trésor Eberswalde,(10ème siècle av. JC. Allemagne) dont les 81 objets en or qui le composent présentent des motifs décoratifs semblables à ceux qui ornent les chapeaux. Il est évident qu’on peut aussi relier à ces objets la large diffusion de la croix solaire, c’est à dire de la rouelle, et de motifs similaires de l’âge du bronze en Europe centrale et du Nord.

On notera, pour terminer, que des archéologues allemands affirment que les « rois-prêtres coiffés d’or » se retrouvent sur la plus grande partie de l’ Europe préhistorique. Sabine Gerloff, professeur à l’Université de Erlangen en veut pour preuve que cinq de ces Cônes d’Or ont été trouvés en Irlande, dans la tourbe, au cours des XVIIe et XVIIIème siècle. Ces objets, décrits à l’époque comme des « vases », ont aujourd’hui disparu. Sabine Gerloff n’en ai pas moins persuadée qu’ils ont été portés, tout comme la Cape de Mold par les rois-prêtres de l’Age du Bronze.

Il n’empêche que la présence d’un tel cône ici à Avanton, alors que les autres ont été découverts sur des territoires plutôt « germaniques », ne laisse pas de susciter un certain nombre de questions … faut-il l’imputer à des mouvements de populations ? à une unité cultuelle sur tout le territoire de l’Europe à l’époque préhistorique ? Laisse-t-elle présager de l’existence d’un sanctuaire important ou d’un centre cultuel remarquable ? Autant de pistes de réflexion et d’axes de recherches parmi d’autres …

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Beltaine – Belotenedos

mai 3, 2008 at 1:38 (divinités, fêtes, symboles)

Beltaine

Beltaine ou Belotenedos (en celtique ancien). Les avis sont partagés sur l’étymologie des mots. Si l’on peut voir « Belo » comme « celui qui tue », et « tenedos » comme « feu et ténèbres », selon Xavier Delamarre, dans son « dictionnaire de la langue gauloise », Belenos comme Belisama seraient à rapprocher effectivement de la racine « belo » qui, là, correspondrait à « force, fort » et l’appellatif Belisama serait donc à comprendre comme « la très puissante » et Belenos comme « le Maître de Puissance ». jan de Vries, lui, rapproche l’élément « bel » de la racine indo-européenne « Guel », « briller », tandis que pour Le Roux et Guyonvarc’h, « Bel » est « la lumière » et « teine », « le feu ». Belisama serait donc « la très brillante ». Selon eux, la racine indo-européenne « bhel » insiste, en celtique, sur la notion religieuse de « lumière vive, éclat lumineux » alors que les autres branches i.e. se contentent de la simple notion de « pâleur, blancheur » (ce qui curieusement, pourrait nous rapprocher de la lune). Beletonedos, ou Beltaine serait donc littéralement « le feu de Bel », de Belenos qu’on peut prendre comme un visage de Lug (certains auteurs comme Raimonde Reznikov nous signalent qu’ils sont parfois interchangeables) sous son aspect de lumière sans être pour autant le soleil lui même mais l’Esprit Solaire dont le soleil est l’organisme visible.
Belotenedos nous apparaît donc comme une fête du Feu et des Druides, maîtres du Feu et des éléments atmosphériques, et les différents sens donnés au nom de la fête semblent aisément superposables et se renforcer les uns les autres.

Protection et fécondité

Le Feu abolit la nuit et donc la période sombre de l’année ce qui fait de beltaine une fête à caractère solaire. Du feu et par extension du soleil, on attend la chaleur et la luminescence nécessaires pour faire lever les grains ensevelis et assurer, par leur floraison, une vie nouvelle.
Le rayonnement solaire et l’énergie du Feu (qui est, bien entendu, le symbole terrestre de l’Energie) font naître la vigueur dans les reins des bêtes comme dans ceux des hommes. Car le feu présente aussi un aspect nettement sexuel, « par le caractère fécond propre à la régénération, par la chaleur qu’il dégage et que l’on associe à la passion et à la sensualité ou, encore, par le frottement de deux corps nécessaire à l’obtention de la première flamme » (Marion Dufour : « la magie de la femme celte »).
Par ailleurs on demandait à l’esprit du feu de protéger les cultures et les animaux, d’apporter la victoire aux guerriers, et de donner l’inspiration aux Druides.
Sans oublier que c’est aussi par un grand feu les empêchant de revenir en arrière que les Tuatha détruisirent leurs bateaux après avoir débarqué en Irlande un jour de Beltaine (ce qui souligne encore l’aspect « commencement » de la fête).
Etant la richesse principale des Celtes, l’usage était de faire passer le bétail entre deux grands feux purificateurs afin de préserver les animaux durant l’année avant, dès le lendemain, de les conduire dans les pâturages d’été. Sur la nature des deux feux , les interprétations varient : il pouvait s’agir du Feu de Belenos et du Feu de Belisama, ou bien du Feu du Soleil et du Feu de la Lune, mais le caractère purificateur reste indiscuté.
On recherchait aussi en général les bénédictions protégeant les maisons, les cultures et le bétail. Et c’était aussi un temps privilégié pour la cueillette de certaines plantes médicinales ou protectrices comme l’ortie.

L’opposé de Samonios

Pour satisfaire au principe selon lequel chacune des fêtes celtiques a son pendant symétrique, son opposé polaire, son vis à vis qui vient l’équilibrer six mois plus tard, Beltaine est le pendant lumineux de Samonios, le début de la saison claire et de l’été, alors que le second débutait la saison sombre et l’hiver. Le Roux et Guyonvarc’h, là encore, verraient « volontiers dans Bel(enos) un surnom de Lug vu dans son aspect de lumière, opposé symétriquement au Lug de Samain préparant, dans la chaleur et la lumière des festins, à l’hiver et à l’obscurité ».
Au niveau rituel, correspondant à la dichotomie de l’année partie claire/partie sombre, nos ancêtres précipitaient un arbre tête en bas dans un puits (avec feuilles et racines) avec des armes sacrifiées et des offrandes, avant de le combler, qui était probablement le reflet de l’Arbre de Mai planté (tête en bas) pour relier la Terre au Ciel (Axe du Monde).
Beltaine débute aussi la saison guerrière (chasse, guerre, conquête) comme Samonios correspondait à la fin de cette saison. Ces deux fêtes correspondent aux principaux faits de la mythologie irlandaise : la seconde bataille de Mag Tured, l’accouplement du Dagda et de la Morrigane, la mort de Cuchulainn pour Samonios, et pour Beltaine, l’arrivée de tous les habitants de l’Irlande et notamment des Tuatha De Danann.
Au niveau du calendrier agraire, Samonios est le temps où l’on rentre les troupeaux pour l’hiver, Beltaine où on les sort pour les mener aux pâturages. Le premier correspond au début du temps des veillées, le second au temps des corvées champêtres.
Il est donc évident que Beltaine est donc une fête du commencement et de changement du rythme de vie : « du rythme hivernal, on passe au rythme estival et l’on pare au mieux aux risques multiples du passage » (Le Roux- Guyonvarc’h).

Beltaine et le Taureau

Le signe astrologique du Taureau (l’Auroch des traditions protoceltiques ?) règne sur Beltaine. Outre qu’il représente la puissance des forces naturelles, le sensualisme, la volonté, le sens de la beauté et l’amour, épanouit et concrétise les promesses du signe précédent. C’est à dire qu’il correspond dans la nature, à la condensation de l’élan du Bélier, la matérialisation des forces créatrices qui se concrétisent dans l’abondance des formes. C’est la seconde tranche du printemps, de la végétation massive et de l’apparition des premiers fruits. En analogie avec le bovin, c’est un rythme qui est à la lenteur et à la stabilité par la lourdeur, l’épaisseur et la densité de la matière. Mais cette incarnation est particulièrement riche et s’assimile à la Terre nourricière, à la Mère Nature, féconde par excellence. C’est aussi la paix, la joie de vivre dans l’épanouissement des sens et l’on sait que le signe est gouverné par Vénus : sous son aspect « fertilité virile », on peut aussi honorer Kernunnos lors de Beltaine.
Car le Taureau est un symbole de fécondité et Beltaine est une fête de la Fertilité, ce que démontrent les traditions de l’Arbre de Mai, Axe du Monde, mais aussi symbole phallique, et de la Reine de Mai. En Grèce, le taureau était consacré à Dionysos, dieu de la virilité féconde. Le dieu Védique Indra est aussi assimilé à un taureau : c’est lui que les hommes de guerre invoquaient avant le combat (cf. Beltaine, début de la saison guerrière) et le sens originel de son nom semble être celui de « puissance, force » (cf. étymologie de Belotenedos).
Le taureau Indra est aussi rattaché au symbolisme de la fécondité mais il est aussi l’emblème de Shiva et à ce titre il symbolise par ailleurs le Dharma (appelé Dedma par les Celtes), ou loi du bon ordre de l’univers. S’arrêter là serait faire peu de cas de l’extrême richesse symbolique du taureau : on pense aussi au taureau de Mithra, aux taureaux brun et blanc, de l’Ulster et du Connaught, au taureau aux trois cornes et au taureau aux trois grues dont le sacrifice, s’il faut en croire l’interprétation de J.J.Hatt, permettra le retour de la déesse Rigantona à laquelle s’unira Esus au moment de Beltaine, etc.
Le « dictionnaire des symboles » précise : « toutes les ambivalences, toutes les ambiguités existent dans le taureau. Eau et Feu : il est lunaire (Sirona) en tant qu’il s’associe aux rites de la fécondité ; solaire par le Feu de son sang (Belenos-Belisama) et le rayonnement de sa semence ».

Sur Belenos

Si Belenos est une divinité solaire, il est avant tout l’esprit solaire et non le soleil physique qui est plutôt considéré comme son corps ou comme son véhicule.
Belenos représente le principe de la Lumière (« jeune dieu aux boucles d’or »). Il représente aussi la force de l’homme jeune (« fils chéri de la Grande Déesse » -déesse dont Belisama est l’une des personnifications) mais il est avant tout, à mon sens, l’Harmonie et la Beauté sous toutes ses formes. Il a intégré tous les contraires, le conscient et l’inconscient, le masculin et le féminin (Belenos/Belisama), le soleil et la lune, le feu et l’eau (Sirona). Hécatée d’ Abdère (300 av. JC) rapportait : « Apollon se rend dans l’île (où se trouve un curieux temple de forme circulaire consacré au dieu solaire) tous les 19 ans lorsque le soleil et la lune sont alignés l’un sur l’autre ».
Analogiquement à ce qui se réalise alors dans la nature, à savoir la fusion de toutes les polarités, Belenos symbolise le processus alchimique d’union et de combinaison des différents éléments du moi pour parvenir à la totalité (et il peut nous aider dans notre quête de cette union : pour trouver la Lumière il importe au préalable de l’allumer en soi. Qui mieux que lui pourrait nous y aider ?)
Imbolc correspondait symboliquement à l’éveil initiatique et à la préparation qui aboutissent, lors de Beltaine, à la Renaissance dont le dieu Belenos est le maître.
Par ailleurs, si l’on considère le soleil comme l’image emblématique de la loi, de l’ordre, de la régularité et de la stabilité , de la force et de l’énergie, Belenos serait donc l’un des principaux garants de la Dedma (mais il est vrai que toutes les divinités sont garantes de la loi du bon ordre de l’Univers…)

Feu et Eau

Belenos peut être associé à Belisama, la Très Rayonnante ou la Très Puissante, qui est, entre autres, une déesse guerrière et guérisseuse, patronne des forgerons et maîtresse du Feu, et qui peut être son épouse, sa sœur ou sa mère… Quoi que principe solaire au féminin, elle correspond aussi à la Pleine Lune et symbolise la maturité et l’épanouissement (et par extension, à la période de développement « extérieur » de la personnalité et de l’individualité).
On peut aussi lui associer Sirona, représentant l’astre lunaire, pour former une « dualité lumineuse à la manière d’Artémis et Apollon » (RJ Thibaud : dictionnaire mytho symbolique celte). Cette association peut encore être renforcée par le fait que si Belenos, le guérisseur, est à l’origine du jaillissement des sources bienfaisantes, Sirona est celle qui protège les fontaines…
Car on sait que l’Eau et le Feu, bien qu’antagonistes, sont aussi complémentaires : l’eau principe passif et humide, opposé au principe actif et sec du feu, est associée à la lune, à l’inconscient et au rêve, tandis que le feu évoque le soleil, le conscient et l’activité, ce qui renvoie au couple ciel et terre et à la fécondité. On se rappelle aussi que ces deux éléments sont symboles de purification et qu’ils jouent tous les deux un rôle fondamental dans les rites d’initiation.

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imbolc

janvier 21, 2008 at 10:43 (divinités, fêtes, symboles)

brigantia-2-jpg.jpg Imbolc, ( environ le 1er février, soit le mois d’anagantios selon le calendrier de Coligny), qu’on appelle aussi Ambivolcios ( celtique ancien), est présidé par Brigantia, qui correspond à l’irlandaise Brigit, fille et mère du Dagda. Par ses attributions (patronne des poètes, des médecins et des forgerons avec un aspect guerrier) elle participe des trois fonctions celtiques. Elle correspond à la nouvelle lune, ascendante. Elle est une déesse vierge mais cela n’a rien à voir avec la conception chrétienne, triste et réductrice de la virginité, car elle ne refuse pas pour autant « les devoirs liés à la féminité ».
La fête est le pendant, symétrique, de Lughnasad (car c’est une constante des fêtes d’avoir chacune leur opposé symétrique, leur vis à vis qui vient l’équilibrer six mois plus tard), quand la Terre, fatiguée par les moissons, était redevenue vierge . Pour Imbolc, la Déesse, tout comme la Terre, sont toujours vierges mais l’une comme l’autre sont redevenues fécondables: la Déesse vierge est alors la préfiguration de la Déesse Mère. A ce titre elle est aussi la Déesse de fécondité, et donc associée à la Nature, au moment de sa correspondance avec le cycle saisonnier et agraire. C’est le début du Printemps.
Pourtant, Imbolc semble être un peu la fête mal aimée du festiaire celto druidique, celle sur laquelle on trouve le moins de témoignages, de survivances ou de pages d’étude consacrées (15 seulement dans « les Fêtes Celtiques » de Guyonvarc’h). On la sous estime un peu dans la mesure où l’on ne retrouve pas beaucoup de traces et que l’on ne sait pas grand chose à son sujet si ce n’est que les chrétiens l’ont récupérée, selon leur habitude, et consacrée à Ste Brigitte (avec quelques survivances folkloriques). On estime alors qu’elle n’était peut être pas très importante ou/et qu’elle n’était destinée qu’à la 3ème fonction. Raimonde Reznikov et d’autres auteurs avancent pourtant une théorie séduisante: les autres fêtes celto druidiques sont essentiellement connues grace aux copistes chrétiens qui n’en ont pourtant laissé transparaitre que ce qu’ils voulaient bien. Si l’on ne sait presque rien sur Imbolc, ne serait-ce pas parce que c’était une fête ésotérique si importante (le 4ème pilier du monde, selon la Tradition) que les chrétiens se seraient efforcés d’en supprimer tout souvenir ?…
Comme symboles de la fête nous avons le Houx (Colenos) et le Bouleau (Betua), le signe astrologique du Verseau et la sève des arbres. C’est aussi une fête de Feu, la « fête des chandelles » où l’on fête le retour de la lumière.
bouleau1.jpg Le Bouleau, étroitement associé à la jeune Déesse est l’arbre du commencement, un arbre de sagesse, d’illumination, de protection, de purification au sortir d’une épreuve, et de renaissance. En ce qui concerne la purification, il faut souligner le fait que la sève de bouleau est un diurétique, dépuratif, sudorifique, entrant dans les cures de printemps: que rêver de mieux comme produit de purification ?…
Comme Uranus (qui gouverne le signe du verseau), le bouleau (divination par les oghams) nous incite à remplacer ce qui est vieux et mauvais par ce qui est nouveau et bon, ce qui est la traduction même d’un nouveau départ et ce qui correspond tout à fait à ce moment de l’année.
Le Houx, lui, est symbole de protection et d’équilibre, qui sont deux notions complètement nécesaires à tout nouveau départ.
Avec la sève, on pense à la Vie, au Sang qui recommence à monter dans les veines d’une Nature qui s’éveille peu à peu. Mais on pense aussi au Soma des Hindous, symbole d’un breuvage d’immortalité (immortalité que symbolise aussi le Houx, toujours vert) qui ne s’obtient que par une « véritable transsubstantiation des sucs végétaux, laquelle ne s’achève que dans le monde des Dieux » (dictionnaire des Symboles).
Le rite le plus représentatif de la fête est la purification: « se laver les pieds, les mains, la tête ».
On admet généralement qu’Imbolc est une fête lustrale destinée à la purification après les rigueurs et les souillures de l’hiver. Mais la fête correspond aussi symboliquement à l’éveil initiatique et à la préparation qui aboutiront à la Renaissance de Beltaine. C’est une fête initiatique d’un passage primordial.
On sait que la tenue de chaque rituel nécessite une purification préalable. On comprend donc que cette purification est d’autant plus nécessaire quand il s’agit d’un véritable rituel initiatique. Et à cette occasion précise, la purification devient le rite lui même.
La purification se fait de deux manières:
eau1.jpg 1) par l’Eau (et l’on précise bien ici, « se laver les pieds, les mains, la tête »),
et 2) par le Feu: Imbolc est une fête ou le feu joue un rôle primordial puisqu’il symbolise le Soleil, source de chaleur et de lumière. Outre son rôle purificateur il est aussi le protecteur des hommes et des animaux (la fête est d’ailleurs aussi connue sous le nom de « fête des chandelles » et ces chandelles, parfois des flambeaux, sont restés dans certaines coutumes: processions,etc…)
Les aliments rituels d’Imbolc sont les crèpes, le miel et le cidre.
La crèpe est l’image du jeune Soleil, apparu au solstice d’Hiver, et qui commence à prendre des forces (les jours ont commencé à rallonger et la lumière à regagner un peu sur les ténèbres) mais elle peut aussi être l’image de la Lune dont la plénitude (attendue pour Beltaine) est annoncée par son premier quartier, image de la jeune déesse vierge qu’on honore lors de cette fête.
Je signalerai au passage qu’on peut faire un cidre de la sève de Bouelau. Quant au miel, on sait qu’il est à la base de l’hydromel, boisson d’immortalité, comme la Soma (et dans la préparation de laquelle il peut d’ailleurs être associé au cidre).
Les qualités propres du signe du Verseau qui gouverne Imbolc sont l’éveil de l’intellect et des facultés mentales, et l’ouverture de l’esprit aux idées nouvelles et à la spiritualité.

Dans la nature, le signe du Verseau correspond à la première assimilation de la graine semée (le stade de la graine enfouie correspondait au Capricorne) qui s’intègre au sol. Le germe de blé est donc la promesse du champ qui s’épanouira sous le soleil du Lion.
Le dictionnaire des Symboles précise: « la signe a été mis en rapport avec Saturne dans la mesure où l’astre libère l’être de ses chaînes instinctives et dégage ses forces spirituelles sur une voie de dépossession. On lui donne aussi Uranus pour maître qui remobilise l’être libéré dans le feu de la puissance prométhéenne en vue de se dépasser ». Et si « l’étoffe de ce type zodiacal est pour ainsi dire angélique, il existe aussi un Verseau uranien, prométhéen qui est l’être de l’avant garde, du progrès , de l’émancipation, de l’aventure ».
Cette image prométhéenne me parait personnellement plus en accord avec le sens de la fête en tant que « fête initiatique d’un passage primordial » et en tant qu’étape du Chemin entre le solstice d’hiver et le solstice d’été: Cernunnos pouvant être honoré à ces deux dates, à la première en tant que « lumière nouvelle », à la seconde comme « lumière renouvelée » ce que symbolise l’image astrologique de la chèvre cornue escaladant une montagne ( le Capricorne), le cheminement de l’homme cherchant à s’élever à l’image du cycle du grain de blé: le grain enfoui dans la terre pour mourir en hiver pour renaitre au printemps et porter les épis de l’été.
Si les jours rallongent, on remarque pourtant que l’hiver exerce toujours son emprise sur la terre. Néanmoins les graines qui dormaient jusque là en son sein, commencent à s’éveiller à une vie nouvelle: c’est du plus profond des ténèbres que nait la lumière, comme c’est de la mort que nait la vie.
lever-soleil.jpg  C’est donc une fête d’ouverture de la vie, déjà contenue dans le sein de la Terre et c’est le retour du soleil qui permettra à ces graines de donner en été les fruits et les récoltes espérés. D’ailleurs, c’est autour de ce thème que tournent toutes les coutumes relatives à la crèpe qu’on a pu conserver: lancer la 1ère crèpe avec une pièce d’argent dans l’autre main, lancer cette 1ère crèpe sur le haut de l’armoire et l’y garder toute l’année, etc…Il faut dire aussi que la crèpe avait un effet pour ainsi dire multiplicateur: confectionnée avec de la farine, des oeufs, du lait, c’était l’espérance d’avoir de ces produits en abondance toute l’année. Enfin, souvent, autrefois, les paysans invitaient leurs voisins à venir manger des crèpes pour avoir une belle moisson ou pour préserver les blés de la maladie.

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lughnasad

juillet 7, 2007 at 9:36 (divinités, fêtes, symboles)

Contrairement aux fêtes pré-celtiques à détermination solaire et qui reviennent à dates fixes (solstices et équinoxes) les autres fêtes, celto-druidiques, qui marquent le début des saisons sont à détermination lunaire, c’est à dire que la date de leur célébration est choisie en fonction des cycles de la lune.
En ce qui concerne Lughnasad, qui débute l’Automne, la fête devrait être célébrée à la Pleine Lune se rapprochant le plus du 1er aout (« lune noisette »), date en fait souvent matériellement retenue pour plus de commodité.

Selon des sources essentiellement irlandaises, chez les Celtes anciens, Lughnasad semble être un divertissement collectif de plein air où toutes les classes sociales sont tenues de participer, et constitue aussi une trêve militaire puisque les guerriers y viennent sans armes.
On s’y livre à des courses de chevaux, d’hommes et de femmes. C’est d’ ailleurs lors d’une telle occasion que la déesse Macha, qui était alors enceinte et que l’on contraignit d’affronter les chevaux du roi à la course, donna naissance à deux jumeaux, après sa victoire, et lança sa fameuse malédiction contre les Ulates qui, excepté Cuchulainn, allaient alors souffrir périodiquement les souffrances de l’enfantement durant 5 nuits et 4 jours.
La foule s’y presse compacte, pour assister à des luttes et à des régates, à des expositions de chefs d’œuvre ert à des tournois d’échec (on se souviendra au passage qu’après son admission au festin, Lug bat le roi Nuada aux échecs…), ainsi qu’a des concours d’éloquence et de musique.(symboliquement, par sa victoire, Lug l’artisan s’approprie la marche complète du monde et le vieux roi, nuada, l’accueille alors à la place d’honneur et lui transmet son pouvoir).
La fête est prétexte à une grande foire qui perdura longtemps et dont on trouve encore quelques exemples aujourd’hui, où se vendent et s’achetent toutes sortes de biens et produits, y copmpris des concubines comme le rapporte Henri Hubert.
On y célèbre aussi des mariages et l’on y conclue des alliances. Mais surtout on y réparti tous les biens de consommation et de production issus de ce qui appartient à la collectivité, et non au seul individu, en fait toutes les richesses du royaume : terres, produits de le terre, bétail, etc.
C’est le roi qui se chargeait de cette redistribution et de cette répartition en sa qualité de Distributeur. L’enrichissement personnel en général était considéré comme une tare par nos ancetres, mais c’était encore beaucoup plus grave en ce qui concernait le Roi Distributeur des biens, et le fait de garder pour lui ces richesses était considéré comme un crime et puni de la peine de mort.
De la même manière et par extension, le roi était le garant de la richesse et de la productivité du territoire dont il avait la charge, une série de mauvaises récoltes entrainait sa responsabilité, sa destitution et son éxécution si sa responsabilité volontaire (circonstance aggravante) était reconnue.

Lughnasad est placé sous le signe zodiacal du Lion qui représente la culmination végétale, la plénitude du fruit, toute magnificence ou maturité sous le plus éclatant soleil de l’année. Psychologiquement il est le signe de la pleine affirmation de l’individualité, de la volonté et de la conscience du « je ». Le feu fixe du Lion est l’expression d’une force maitrisée, d’une énergie lumière disciplinée, d’un feu individualisé, consacré aux puissances du Moi, de la volonté dirigée, force centrale régulatrice et irradiante de vie, de chaleur, de lumière et d’éclat. C’est un signe solaire.
Cette fête correspond à la maturité de tous les fruits et c’est à ce moment là que la terre et la végétation sont à leur maxiumum de fructification. C’est la dernière fête de l’abondance, les dernières récoltes, la Fête des Moissons et sa plante symbolique est le blé qu’on consomme pour la circonstance sous diverses formes : bouillies, pains, gateaux,etc.
ble.jpgLe grain de blé enfoui dans la terre meurt en hiver pour renaitre au printemps et porter les épis de l’été, et symbolise le cycle éternel de la vie et de la mort, ainsi que celui des transformations.

Lughnasad signifie l’Assemblée de Lugh et ce dernier apparait sous trois aspects : Il est d’abord le dieu solaire qui féconde la nature. A ce niveau il est source de vie que ce soit au plan matériel, psychologique ou spirituel et à ce titre il occupe une place importante dans le monde des dieux et des humains.
Mais à côté de cette apparence lumineuse, il présente aussi un aspect obscur quasi lunaire et parfois redoutable. Il est un dieu chtonien, dieu de la terre et du monde souterrain (son oiseau est le corbeau)
Enfin il est le dieu des arts et techniques, dans lesquels il excelle tous à la fois.
Certains considèrent donc Lugh comme le Dieu des Dieux mais Pierre Lance (« Alésia, un choc de civilisations »), même s’ il voit bien dans Lugh un dieu prestigieux, estime que les celtes étaient trops passionnés d’indépendance pour accepter de donner à certaines de leurs divinités des fonctions de « chef des dieux ». Il est donc « inutile de chercher dans ce panthéon l’équivalent d’un Zeus potentat. Et s’il faut traduire en termes socio politiques cette attitude spirituelle, je dirais qu’elle implique le respect de la hiérarchie des valeurs en même temps que le refus de la hiérarchie des autorités ». Lugh symbole meme de la civilisation, « artisan, poète et chercheur, créateur amoureux de la chose bien pensée, bien dite et bien faite » illustrerait donc les valeurs que les celtes mettaient au dessus des autres, c’est à dire l’intelligence, la raison, la réflexion, la création et l’expression.
Le fait que ce soit un dieu tri fonctionnel peut indiquer qu’en temps normal, la primauté de ces valeurs était respectée par tous les membres de la société. Mais en période plus chaotique, il semble dans cette optique bien évident qu’il était toujours possible d’appeler à la rescousse une divinité plus exclusivement spécialisée, par exemple Teutates en temps de guerre.
Quand il voulut participer à un grand festin donné par Nuada le roi des Tuatha, le portier pour le laisser entrer lui demanda ce qu’il savait faire « car personne ne vient sans art à Tara ». Il se présente successivement comme charpentier, forgeron, champion de lutte, harpiste, héros, poète et historien, sorcier/magicien, médecin, échanson et fondeur de bronze. Tous ces arts étaient déjà représentés par les différentes divinités convives du festin mais c’est parce que Lugh, prototype de l’Homme Parfait, les possédait tous à lui seul, « Homme des Sciences et de tous les Arts », qu’il fut accepté.
Le fait que Dagda soit le « dieu bon » (c.a.d. bon dans tous les domaines) pourrait montrer que ce « vieux » dieu même s’il survécut (en Gaule sous les traitys de Sukellos) a peut être été remplacé par Lugh plus jeune et correspondant mieux à l’évolution de la société celtique.

Lughnasad fête son Roi qui fête sa Mère. Tailtiu, étymologiquement, est le nom de la Terre et si c’est avant tout le nom d’un site bien localisé dont la légende a fait une Déesse éponyme, Teltown où se déroulent les fêtes de Lughnasad, Tailtiu est en fait une des personnifications de l’Irlande, c’est à dire par extension, de l’Univers.
Elle nous est présentée comme la fille de Magmor, roi d’Espagne, femme d’Eochaid, fils d’Erc, dernier roi des Fir Bolg. A la mort de son mari, elle épouse Eochaid Garb, fils de Duach Dall qui commandait dans les Tuatha. Elle était la nourrice de Lugh jusqu’à ce qu’il fut capable de porter les armes, et si tout la rattache à l’Autre Monde, on est tenté de voir en elle une déesse de la Terre à laquelle, d’une manière ou d’une autre, s’est uni le dieu Lugh (illustratioin de l’union des deux grands principes originels).
En mourant d’épuisement d’avoir transformé les forêts d’Irlande en verts paturages et riches plaines fleuries de trèfles (emblème de l’Irlande et plante souvent associée à l’équinoxe de printemps), « Tailtiu meurt en divinité » (Le Roux Guyonvarc’h) et elle assure par son sacrifice la pérennité et le bien être matériel de son peuple (« blé et lait dans chaque maison, paix et temps agréable »).
Tailtiu annonce la venue de la fin du cycle de descente du soleil qui se situera à Samonios mais la prospérité devra se renouveler et la célébration de la fête apparaît comme la contrepartie de ce bien être.
Enfin, la fête de Lughnasad représente un point culminant dans les rapports entre le Roi et la déesse de la Terre (confirmation de souveraineté). On se rappelle aussi au passage que s’il en faut en croire l’interprétation de J.J.Hatt du chaudron de Gundestrup, c’est à ce moment là que la Grande Déesse (de la Terre) abandonne son époux terrestre pour rejoindre Taranis le dieu céleste (roi du Ciel) (un lien avec l’Assomption chrétienne, fêtée le 15 aout ?)

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le solstice d’été

juin 7, 2007 at 5:01 (coutumes, divinités, fêtes, symboles)

LE SOLSTICE D’ETE

A proprement parler, il semble que les Celtes n’ « adoraient  » pas le Soleil comme certaines autres cultures ont pu le faire, en revanche, il est incontestable que l’élément solaire jouait un rôle très important dans leurs croyances. Pour eux, le soleil était avant tout source de lumière, de chaleur et de vie ce qui justifiait qu’il ait été représenté par un grand nombre de divinités qui en illustraient chacune une ou plusieurs facettes.

Au solstice d’été, le 21 juin, le soleil atteint le point le plus septentrional le long de l’horizon et est sur le point de faire un long voyage vers le sud jusqu’au solstice d’hiver à la mi-décembre. C’est le jour le plus long de l’année et l’événement est fêté comme une extension de Beltaine dans les mois d’été, en en reprenant certains éléments et notamment le feu. Rappelons que Beltaine est la grande fête sacerdotale annuelle honorant le dieu Bel, débutant la seconde saison celte, l’été, le jour du 1er mai.

Le feu est à la fois un purificateur (en sanskrit, pur et feu se disent par le même mot) et un régénérateur (c.f. le chaudron de la résurrection sous lequel était allumé un grand feu pour que les morts renaissent), ainsi que le prolongement igné de la Lumière.

Il revêt 3 formes générales :

  • le Feu de la terre qui est le nôtre

  • le Feu de l’atmosphère qui est la foudre

  • le Feu du Ciel qui est le soleil

A ce moment là de l’année une importance primordiale est donc accordée au pouvoir magique du Feu. On allumait des feux de joie pour célébrer le soleil au sommet de sa puissance et l’implorer de ne pas se retirer dans l’obscurité hivernale car les feux d’été, feux de jubilation et de purification sont également feux propitiatoires destinés à apaiser l’angoisse humaine devant le déclin solaire. Les feux donnaient aussi rituellement de la force au soleil pour faire mûrir les fruits et les grains, et protégeaient les hommes et le bétail des maladies . De nos jours, en cette ère vulgaire, la fête a lieu le 24 juin pour le St Jean Baptiste, fameux prêcheur du désert et grand mangeur de sauterelles et de miel sauvage., sous le nom des « feux de la St Jean ». Avec Jean l’évangéliste, fêté le 27 décembre, ils contrôlent tous les deux les « portes » solsticiales, notion construite sur l’alternance des saisons et des cycles végétaux. Ne parvenant pas à abolir des rites coriaces, l’église a donc du les christianiser mais certaines traditions qui y sont attachées ont pu se perpétuer dans le temps. Les cérémonies druidiques du solstice , quant à elles, interviennent au lever du jour et à midi. Le rite de l’aube célèbre l’arrivée du jour le plus long (l’observance de ce rite à Stonehenge est connues de tous).Très schématiquement, on y souhaite la bienvenue au soleil en tant que symbole du bannissement des ténèbres.

En premier lieu, les feux qu’on dresse ne sont pas un simple amas de branchages, de fagots et de bottes de paille mais une œuvre d’architecture en forme de meule autour d’un mât avec des cheminées d’allumage et les guirlandes de feuillage qui le parent le relient au « Mai ». A Beltaine : l’arbre de mai, détenteur de l’énergie vitale, symbole de la fécondité nouvelle, était le centre de la fête autour duquel on organisait des danses. Tout à fait à la cime du feu, la jeunesse plaçait aussi souvent une couronne de roses mais on y ficelait aussi parfois un chat vivant ( !)

Dans les régions vallonnées, on fait rouler du haut en bas d’une colline une roue garnie de paille enflammée pour favoriser le voyage du soleil et l’ inciter à développer sa course. La roue est un signe de perpétuel renouveau et la paille est le symbole du dessèchement et de la mort.

C’est aussi le temps du ramassage des herbes médicinales qui sont au mieux de leur pouvoir à ce moment de l’année. Parmi les plantes de la St Jean (rite de cueillette : en marchant à reculons avant que le soleil se lève, et de la main gauche) : achillée, angélique, armoise, hysope, lierre terrestre, millepertuis, héliotrope, origan, camomille, sauge, fougère mâle, verveine, gentiane jaune, fleur de sureau, menthe poivrée, bouillon blanc, églantier, chèvrefeuille, scrofulaire, coudrier commun, arnica, grande marguerite, etc.

Et c’est en souvenir des rites de fertilité que les couples sautent au dessus des flammes quand il s’agissait de deviner la hauteur des récoltes à venir et d’assurer la fertilité des jeunes et nouveaux couples.

Dans plusieurs régions de France, on pratique le veille ou le matin de la St Jean, la St Jean des bêtes, destinée à la protection du bétail et des animaux qui doivent être exposés à la fumée des feux (« enfumer » les animaux) comme pour la fête de Beltaine.

La célébration des 4 fêtes solaires existait de toute antiquité parmi les peuples autochtones de l’Europe préhistorique et elles ont été assimilés par les conquérants celtes qui assirent une société dont les fondements économiques étaient d’essence agraire et pastorale.

Nos ancêtres divisaient l’année calendaire de 2 façons : les 4 saisons, reflets d’une civilisation agraire (aux origines néolithiques) débutées par un équinoxe ou un solstice. Et les 2 moitiés : la saison sombre et la saison claire qui commence à Beltaine pour culminer au solstice d’été (alban heruin : « sommet agraire ») . La saison sombre, quant à elle débute à Samain, la Toussaint chrétienne.

Lug est un dieu auquel on peut penser pour le solstice, même si la fête qui lui est consacrée est Lugnasad , le 1er août. C’est un dieu de lumière, de la lumière spirituelle, qui, comme beaucoup de héros solaire a dû tué le vieux roi, en l’occurrence, son grand père Balog, dont le règne était devenu stérile. Et comme c’est un polytechnicien, il détient aussi le pouvoir de soigner, ce qui le rattache aux herbes médicinales.

Bélénos est un autre dieu solaire qui incarne l’éclat du soleil, sa force vitale et créatrice : il fait donc partie des grandes divinités de la végétation et gère la croissance des végétaux, notamment des plantes médicinales. C’est lui qu’on fête le 1er mai, pour Beltaine. Est-ce donc étonnant de trouver ces deux fêtes dédiées à des aspects différents du soleil encadrer le solstice, point culminant de l’été, dédié, lui, à Taranis, le dieu de cette foudre qui est le feu de l’atmosphère ?

D’un autre côté, on sait que la souveraineté, pilier de la civilisation celtique, doit se conquérir. Et elle obéit aux lois, notamment cycliques où s’expriment les symboles de vie, de mort, de germination, de fécondité, de venue au monde. qui régissent le Cosmos.

Le Chêne, qui symbolise la force et la longévité, l’éternité des cycles de vie est associé à Taranis car il attire la foudre. Le mois de chêne s’étend du 10 juin au 7 juillet, autour du solstice, et c’est avec ses branches qu’on allume les feux de la St Jean. Dans l’alphabet druidique, le chêne correspondait à la lettre « Duir » signifiant aussi « porte », ce qui nous ramène à la notion de « portes solsticiales ». Deux chevaliers, celui du Chêne et celui du Houx combattaient chaque 1er mai. Vainqueur, le chevalier du Houx (dont le mois suit celui du chêne) laissait la vie au chevalier du Chêne, c’était le passage où les jours de grande lumière laissaient peu à peu la place aux nuits les plus longues. Et chaque année, au solstice d’hiver, le chevalier du chêne avait la suprématie sur le chevalier du houx qu’il laissait en vie après un difficile combat.

Le chevalier solaire qui devient le chevalier noir au service de la dame de la Fontaine est un passage solsticial de même nature. La dame de la fontaine garde une source qui est la manifestation permanente de la vie ; elle est dépositaire de la Connaissance sur tous les plans et elle transforme des jeunes gens en Chevalier Noir au service de la Grande Déesse selon un rituel qui s’apparente à celui de la mort du roi de l’ancienne année et de l’avènement de celui de la nouvelle (on se souvient de Lug tuant Balor). On peut noter que cette passation de pouvoir correspond symboliquement à la transformation d’un chevalier solaire (héros) en chevalier lunaire (noir) qui, pour obtenir la régénération et la purification, tant physique que spirituelle, doit tuer le chevalier (noir), gardien de la fontaine sacrée dont émane symboliquement l’énergie céleste venant s’unir à celle de la terre (cette alliance en fait la source d’Eau Vive, symbole de vie et de Connaissance, manifestation de la Grande Déesse) pour devenir à son tour chevalier noir, gardien de la Fontaine, et débuter un nouveau cycle d’apprentissage : car rien ne peut se transformer dans la vie du héros sans que les dualités de chacun des éléments composant sa psyché soient harmonisées et fondues dans une unité parfaite. Ce qui est aussi valable pour chacun d’entre nous.

Une autre piste de réflexion peut être trouvée dans le fait que les Solstice d’été et d’hiver marquent l’axe vertical du monde, les deux extrêmes de la course du soleil. Par analogie, l’axe vertical devient alors « l’arbre du monde » reliant le haut et le bas, porteur de vie, de durée et de sagesse. Et l’on sait aussi que symétriquement, les racines de l’arbre imagent les origines de l’homme, son passé et son devenir. Il suffit alors d’associer ces symbolismes à la « roue du temps » pour relier l’homme au Cosmos.

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un Chaudron dans la Dive

avril 25, 2007 at 10:43 (archéologie, symboles)

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En 1996, dans une parcelle du marais de la Dive (cf « la Dive, une rivière divine »), deux habitants d’Ouzilly-Vignolles (86) ont découvert un chaudron gaulois, unique dans le Centre Ouest et qui date d’au moins 6 à 8 siècles av. JC.

 

Le chaudron haut de 40 cm a un diamètre de 47 cm au col et de 56 cm au plus large. Il est composé de trois tôles de bronze (87 % de cuivre pour 12 % d’étain) martelées et assemblées par rivetage, ce qui permet de changer la partie inférieure. Les deux tôles de la partie supérieure sont plissées au col, où sont fixées deux anses en bronze coulé.

 

Des points de comparaison auraient permis d’établir des similitudes avec des découvertes faites hors de Gaule en Germanie, vers la Belgique et l’Allemagne.Et il est probable que le chaudron avait été offert , il y a de celà 26 siècles environ, à Divona, la déesse gauloise des eaux.

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Dans la mythologie celtique et sa symbolique, le Chaudron est Chaudron de la Connaissance, de l’Abondance et de l’Immortalité. C ‘est dans ce Chaudron que Teutatès trempe les guerriers pour leur redonner vie (Gundestrup) (http://jfbradu.free.fr/celtes/les-celtes/cadre-mythologie.htm) mais c’est aussi dans ce Chaudron que Keridwen prépare sa potion dont trois gouttes qui débordent donneront la Connaissance des choses à Taliesin. Et c’est encore ce Chaudron qui permet au Dagda de nourrir des troupes entières sans jamais qu’il s’épuise. Le Chaudron du Dagda, apporté par le Druide Semias de l’Ile de Murias, est un des quatre objets sacrés apportés par les Tuatha de Danann en Irlande, avec la Pierre de Fal, la Lance de Lug et l’Epée de Nuada.

 

Pour d’autres traditions, le Chaudron est le ventre de la Mère, le plus féminin des « outils ». Il est le pendant féminin du maillet qui donne la vie par un bout et la mort par l’autre car lui aussi peut donner la vie comme la mort. C’est un récipient qui nourrit mais également qu’on nourrit soi même en y rajoutant des choses petit à petit : ce n’est pas forcément les mêmes ingrédients, mais c’est toujours la même soupe, de celui (celle) qui l’alimente et surveille le feu qui permet de mijoter, même si parfois elle peut attacher un peu au fond… Mais si on y fait des soupes ou des potions, on y fait aussi du feu, notamment pour y bruler les voeux qu’on peut faire à certains occasions (Samonios, Beltaine). Et c’est aussi une porte ouverte sur l’Autre Monde en même temps que sur le monde intérieur, celui qui nourrit l’âme et les visions dans la divination.

Mais c’est encore un objet qui allie le sacré et le profane, et qui est un symbole très fort, familial et clanique. Symbole communautaire autour duquel se réunissait le clan chaque soir :

« Le soir, autour du feu, dans les ombres qui dansent, alors que tout prêt, la rivière murmure dans sa courbe, nous vibrons à l’écoute des exploits, des amours de chacun. Et nos silences, et nos mots, et nos chants et nos rires montent dans le noir, se mêlent aux flammes qui s’élancent vers le ciel, se mêlent et s’accordent aux cris des bêtes magiques qui peuplent la nuit. »

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Nous avons une connivence particulière avec le Chaudron parce que ce blog est un peu un Chaudron dans lequel nous entassons pour y laisser mijoter des informations, des données géographiques, historiques, topologique, archéologiques et symboliques, des paysages et des sites sacrés, des forêts et des sources.. sans oublier ce que nous pouvons/pourrons collecter de coutumes et de légendes locales pour mieux comprendre et (re) découvrir les interactions qui ont pu se jouer entre le sol que nous foulons ici, dans ce pagus, et nos ancêtres qui l’ont foulé avant nous…

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symboles pictons

avril 14, 2007 at 3:11 (histoire, symboles)

D’après les écrits irlandais du Haut Moyen Age, et les textes mythologiques, les Pictes, au cours de leur grande migration, se séparèrent en deux courants: le premier, qui s’installa donc entre la Loire et la Gironde, et l’autre qui continua sa route par l’Espagne vers l’Irlande et jusqu’à l’Ecosse.
main_picte_f.gif Ces différentes populations avaient un symbole commun: la main. Dont la signification symbolique demeure plus ou moins mystérieuse mais dont l’appartenance aux Pictes, du Poitou, comme de ceux de l’Ulster (elle figure sur son drapeau actuel) ou de l’Ecosse comme élément identitaire ne semble faire aucun doute. Mais si l’on considère cette signification symbolique comme mystérieuse, il n’en reste pas moins qu’une main ouverte est une main qui salue, une main amicale, une main de pacte conclu. Pour les celtes, la main était symbole d’action et de puissance, mais traditionnellement, la main droite (qui est représentée sur la monnaie pictonne) est celle « qui donne » alors que la gauche est celle qui reçoit.
On ne retrouve pourtant pas cette main représentée sur les Pierres Sculptées du nord de l’Ecosse, couvertes de symboles géométriques ou figuratifs. Car si la langue des Pictes est aujourd’hui disparue, on sait qu’ils communiquaient aussi par tout un système de symboles dont beaucoup ont été gravés dans la pierre ou sur des bijoux.

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Ces symboles dans lesquels apparaissent un grand nombre de figures d’animaux toujours stylisés avec des lignes entrelacées: le taureau, le serpent, le sanglier, le cygne, le requin et la « bête picte » (éléphant nageur) ont conservé une partie de leur mystère et les spécialiste ne sont pas trop parvenus à les déchiffrer même si on ne peut pas s’empêcher de remarquer que la plupart de ces animaux figurent aussi sur le Chaudron de Gundestrup. Mais j’ai l’impression que c’est plutot l’usage des pierres qui reste un peu obscur (totems ? bornes frontières ? valeur religieuse ? funéraire ?) car les autres symboles des Pictes, le double disque, la croix, la roue, le chaudron, le croissant, etc… ne font pas mystère de leur signification (on les retrouve depuis le mégalithisme et il est probable qu’ils ont une origine encore antérieure) et le symbolisme animal est également traditionnel…On signalera pour terminer qu’on a trouvé à Lussac les Chateaux (86) dans la Grotte de la Marche, une série de pierres gravées, représentant de nombreux animaux et humains dont certains semblant présenter un faciès canin qui rappelleraient le style de cellestrouvées en Ecosse

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Commentaires et pistes de réflexion

On a longtemps considéré comme acquis que le berceau des Celtes était la plaine de Russie, sur le territoire de l’actuelle Ukraine, et qu’ils se seraient répandus en Europe au cours de diverses vagues migratoires, pour arriver ici vers le Vème siècle avant JC, et d’ailleurs un grand nombre de travaux se basent sur cette théorie…Or il semblerait maintenant admis qu’ils descendent en fait de populations déja installées à l’Ouest de l’Europe dès le IIIème millénaire (culture des vases campaniformes)… Les Celtes seraient ainsi rattachés au mégalithisme…
Certains ont également voulu croire que les Celtes ne constituaient qu’une infime partie de la population, « au plus un dixième », pense l’anthropologue poitevin Vacher de Lapouge qui poursuit : »le reste représentait les alluvions successives, laissées par les peuples précédents »…
Serait-il abusif de penser, au contraire, que les Celtes ont eu tout le temps nécessaire pour s’intégrer et se fondre aux populations précédentes (surtout s’ils ont eu trois millénaires et non pas cinq siècles pour le faire …) ? Serait-il abusif de penser que les Celtes étaient les descendants directs des hommes des cavernes ?
On dit que les populations indigènes vouaient un culte particulier à la Déesse et que les Celtes lui ont substitué un panthéon surtout masculin … qu’en est-il vraiment à l’examen de ce qu’on sait de la religion de nos ancêtres ?

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