Indiculus superstitionum et paganinarum (3)

février 23, 2009 at 5:18 (coutumes, histoire, paganisme) (, , , )

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Le titre suivant (VII) concerne le culte rendu aux pierres et aux rochers : « de his quae faciunt petras ». Peut être aussi est-il question des sacrifices que les Belges auraient continué à offrir près des autels druidiques.

Le canon VIII défend les hommages que les Belges convertis continuaient à rendre à Thor et à Odin : « de sacris Mercurii vel jovis ». Dans la Zélande et dans d’autres contrées de la Belgique on trouve le culte d’Odin encore en vigueur au 7e et 8e siècles. Saint-Amand détruisit un sanctuaire de cette idole à Gand, et le remplaça par le célèbre monastère de Saint Pierre ou de « Blandinium ». (on note d’ailleurs que c’est Schayes qui cite Thor et Odin -comme il sera fait plus loin- alors que le texte en latin cite Jupiter et Mercure -dont les « équivalents » gaulois sont Taranos et Lug qui devaient être aussi honorés jusqu’en Gaule Belge…)

Le IXe article est intitulé : « de sacrificio quod fit alicui sanctorum ».Les Belges nouvellement convertis, étaient encore toujours imbus de leurs anciennes superstitions et confondaient les saint avec les habitants du Walhalla d’Odin.

Le Xe titre porte « de philacteriis et ligaturis ». C’est une défense de se servir de talismans et de ligatures de certaines herbes auxquels nos ancêtres avaient la superstition d’attribuer la vertu de les préserver de toutes sortes de maladies et de calamités, et de leur gagner le coeur des femmes. Les Talismans consistaient ordinairement en quelques caractères runiques gravés sur un morceau de bois.

Le XIe titre défend le culte que les Belges rendaient aux fontaines : « de fontibus sacrificiorum ».

Le XIIe porte: « de incantationibus », des exorcismes et enchantements. Le concile les appelle « incantationes », parce qu’ils se faisaient par des chants composés de vers magiques (diabolica carmina).

Le XIIIe canon traite de la superstition de tirer des augures des excréments des oiseaux, des chevaux et des boeufs, ou d’une personne qui éternue : « de auguriis, vel avium, vel equorum, vel boum stercoribus, vel sternutatione« .

Le XIVe canon intitulé « de divinis et sortilegis » est relatif au même sujet.

Le XVe a pour titre: « de igne fricato de ligno, id est Nodfyr ». Par c ette pratique superstitieuse, appelée Nodfyr ou Niedfeor, on croyait préserver le bétail d’épizooties. Voici comment la chose avait lieu : on frottait fortement l’un contre l’autre deux morceaux de bois jusqu’à en tirer du feu, dont on se servait pour incendier un bûcher construit du bois qu’avaient apporté à cet effet tous les habitants du voiusinage; puis oin faisait passer le bétail à travers les flammes. Nodfyr, Niedfeor signifie feu de calamité.. Lindebrog, dans son glossaire, à la suite des capitulaires, et Des Roches, dans son mémoire sur la religion des anciens Belges, confondent es feux avec ceux de la Saint-Jean; mais ceux ci s’allumaient à une époque fixe de l’année, au solstice d’été tandis que les Nodfyrs se pratiquaient toutes les fois qu’il se manifestait quelque maladie parmi les bestiaux.(un capitulaire de Charlemagne défend aussi la superstition du Nodfyr).

Le XVIe titre porte : « de cerebro animalium ». Il y en a qui croient qu’il s’agit de la défense de tirer des présages de l’inspection du cerveau des animaux immolés aux dieux; d’autres que la défense regarde la coutume de suspendre aux arbres des forêts sacrées les têtes des victimes et principalement celle du cheval. (on jurait aussi sur la tête d’un animal).

Le XVIIe canon : « de divinatione pagana in foco vel inchoatione rei alicujus », concerne la coutume superstitieuse de présager l’avenir par la manière dont la fumée s’élevait du foyer. Si elle montait verticalement, on en tirait un présage heureux; le contraite avait lieu si elle sortait obliquement. La défense s’étend aussi probablement à la coutume de faire passer par dessus les flammes les coupes des convives dans les festins publics. Les mots du tire « de inchoatione alicujus rei », regardent les présages qu’on prétendait trouver dans la manière d’entreprendre un travail. « Par exemple, dit Des Roches, si on était sorti de la maison par le pied droit ou par le pied gauche; si la première personne qu’on rencontrait était vieille ou jeune; si on avait vu passer une corneille à droite ou à gauche; si on avait planté des choux à la pleine lune ou à la nouvelle, et mille autres qu’on peut voir dans le livre intitulé: « la philosophie de la quenouille ».

Le XVIIIe titre porte : « de incertis locis quae colunt pro sanctis ». Il s’agit de certains lieux autrefois consacrés par le paganisme,auxquels les Belges continuaient à vouer une vénération particulière.

Le XIXe article est intitulé « de petendo quod boni vocant s. Mariae ». Eckard croit que « petendo » est ici un mot corrompu pour « petenstro », serpolet, et qu’il s’agit d’une pratique de magie exercée au moyen de cette plante. Mone est du même sentiment. Des Roches soutient que « petendo » est le gérondif de l’ancien verbe « pethtan » qui, en anglo-saxon, signifie marcher par des sentiers. Il croit pouvoir conclure de là qu’il s’agit ici d’une procession en honneur de la vierge mêlée de quelques superstitions païennes. Enfin, un autre commentateur est d’avis que la défense du concile de Leptines concerne les festins sacrés, célébrés en honneur des dieux suprêmes et que les Belges nouvellement convertis avaient conservés, en changeant leur dénomination.

(à suivre)

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